Interview de Pete Trewavas >>> le 7 mars 2007

par Christophe Demagny

Moins d'un mois après la "listening party" parisienne et la journée-promo marathon de Steve h, Mark et Ian qui va avec, ce sont cette fois-ci Pete et Steve h qui sont de retour dans la capitale française pour une prestation de cinq titres acoustiques dans les locaux de la célèbre radio RTL2 (et ce, sous l'égide de Mister Francis Zégut himself).
L'occasion de longuement disserter avec l'ami Pete sur le petit dernier "Somewhere Else" (à sortir le 9 avril), le bassiste de notre cher combo demeurant toujours aussi charmant, insatiable et enthousiaste (parfois même un poil trop, il est content de son disque le garçon), au point où la moitié de mes questions ne purent être posées malgré près d'une heure d'entretien. Quelques salves plus "incisives" restent donc en suspens... pour l'instant... ;o)
Un grand Merci à Roger Wessier de Replica Records pour son investissement.

Bonjour Pete, il n'y a jamais eu d'attente aussi importante entre deux albums de Marillion, même avant "Brave" et "Marbles", qui étaient d'ailleurs des albums très particuliers. Y a-t-il une raison à cela ?

Effectivement. La tournée "Marbles" a été longue, une de nos plus grosses tournées. Cela a pris beaucoup de temps. Ensuite, nous avons voulu réaliser un ep (mini-album). Nous sommes donc entrés en studio avec Mike Hunter mi-2005 pour cela. Nous avons alors enregistré cinq chansons. Des chansons mises de côté à l'époque de "Marbles". Nous en avions déjà des versions avec Dave Meegan mais nous les avons enregistrées à nouveau avec Mike. La tournée de Noël 2005 a ensuite eu lieu. L'idée était bien de sortir successivement deux ou trois ep.

Cela aurait été une très bonne idée, à mon avis. Très originale !

C'était aussi ce que nous pensions ! Il y avait une attente pour du nouveau matériel et le format ep nous aurait permis de rentrer dans les charts (Ndr: en Angleterre et dans certains pays, les ep, jusqu'à un certain nombre de titres, sont comptabilisés comme des singles. Les fans, par leur achat massif, encore supérieur à celui d'un single, auraient pu permettre un n°1). Mais là, nous avons commencé à nous demander, si c'était un succès, ce que nous allions devoir faire ensuite. Nous aurions dû tourner, puis entrer à nouveau en studio, écrire et enregistrer... cela aurait encore nécessité du temps avant une nouvelle sortie. Cela ne nous a donc pas semblé opportun et nous avons changé d'avis. Nous avons alors décidé de travailler sur de nouveaux morceaux avec Mike Hunter comme producteur.
"Marbles" a été un grand succès, un album très apprécié ! Les gens disaient que c'était notre meilleur album, supérieur même à "Brave", etc... Cela fut un achèvement fantastique à tous les niveaux. Certaines des meilleures paroles de Steve sont sur "Marbles", notre meilleure musique, "Neverland"...bref, ce n'était pas si simple et nous sommes donc retournés en studio et avons jammé et rassemblé nos idées préférées de ces sessions pour les présenter à Mike. Il était vraiment très intéressé. Très réceptif à ce que nous faisions. Il voit les choses de manière très différente de Dave (Meegan) et certaines de nos propositions avaient une approche très inhabituelle tout en sonnant tout de même très "Marillion". Notre volonté était qu'il pouvait prendre une de nos idées et lui ajouter ce qu'il désirait pour la transporter ailleurs, quelque part où nous n'aurions pas nécessairement pensé. Il est donc revenu avec cinq ou six idées qu'il voyait comme de véritables chansons, des idées fortes. Nous sommes donc retournés en studio à nouveau pour retravailler ces propositions.

Mike nous a alors à nouveau demandé d'improviser pendant qu'il rentrait à Liverpool pour un temps, cela devait être en mars 2006... En fait, nous avons remarqué que dès que nous avons eu ces trois ou quatre premières nouvelles chansons qui pouvaient être sur un album, on a commencé à se détendre et à véritablement retrouver du plaisir à écrire ensemble. Nos idées devenaient toujours meilleures ! A l'été 2006, je ne sais plus exactement à quel moment, peut-être même à la fin de l'été 2006, Mike est revenu pour faire le point et nous travaillions alors sur environ dix-sept chansons ! Nous pouvions donc commencer à penser à l'enregistrement à proprement parlé. Nous sentions que nous avions besoin de dix chansons et qu'il faudrait faire des choix. Choisir celles que nous devions peaufiner et véritablement terminer pour cet album. Les autres étant destinées au suivant que nous voulons sortir dès l'année prochaine. En fait, nous les avons toutes terminées et enregistrées. Quinze ou seize titres plus quelques autres idées incomplètes. Nous hésitions vraiment sur les choix. Par exemple, nous ne voulions pas mettre "Faith", qui provenait des séances de "Marbles", sur cet album et la conserver pour le prochain et nous avons finalement changé d'avis car nous considérons qu'elle termine idéalement le disque. Inversement, mon morceau préféré, je ne me souviens plus du titre, n'est pas sur "Somewhere Else" ! Nous devions choisir ce qui allait vraiment bien ensemble pour CE disque. Ce n'est pas qu'une histoire de chansons prises individuellement mais d'un tout, d'une entité. Les chansons doivent s'articuler, s'emboîter correctement ensemble.

C'est amusant car je n'ai vraiment pas eu l'impression que nous avons pris tant de temps. Depuis la décision de ne pas sortir de ep, en janvier 2006, la réalisation a été plutôt simple et rapide je trouve. Une année pour écrire et enregistrer un album que nous considérons comme fidèle à notre volonté est une durée correcte. Après, la date de sortie en elle-même est un détail.

Et la démarche de conserver des morceaux ou des idées pour l'album suivant est très habituelle pour vous.

Oui, bien sûr, comme "Interior Lulu" provenait des séances de "Radiation" pour terminer sur "marillion.com" ou certaines idées de "This Strange Engine" provenaient des sessions de "Afraid Of Sunlight".

Détail de la session acoustique de l'après-midi sur RTL2 (Pete & h):

- Don't Hurt Yourself
- Faith
- See It Like A Baby
- ThankYou Whoever You Are
- The Whole Of The Moon (Waterboys)

http://zegut.blogspot.com


Y a-t-il eu un problème particulier avec Dave Meegan, un désaccord, ou s'agit-il juste d'une volonté de changement naturel ?

Oh, non ! Pas du tout ! Dave Meegan a fait un travail fantastique sur "Marbles" ! Dave a toujours été incroyable et a énormément apporté au groupe. Nous avons juste pensé que cela serait intéressant de changer de méthode de travail. Nous avions déjà beaucoup travaillé avec Mike. Il a été ingénieur du son sur "Brave" et a composé la musique de l'introduction "River" dont nous avons utilisé l'intégralité en musique d'ambiance pour les concerts de l'époque (Ndr: Cet enregistrement fut d'ailleurs disponible chez Racket Records avant d'être réédité au Front Row Club en titre optionnel). Il a mixé de nombreux titres de "Marbles" pour aider Dave qui en était d'ailleurs très heureux. Ils s'entendent très bien. Je crois d'ailleurs qu'il a aussi travaillé avec nous à l'époque d' "Holidays In Eden" et sur un album de remix. Il fait partie de notre univers, nous connaît très bien.

C'était très rafraichissant car une des choses qu'il voulait était que l'on joue "live" comme un groupe de rock. Comme si nous devions faire attention au prix du studio, comme si nous n'avions pas beaucoup de temps. Enregistrer en quatre ou cinq prises. Capturer l'énergie, le moment. Il voulait nous capter en train de créer, de jouer ce que nous étions, en tant que groupe. Car ce que nous faisons sûrement de mieux, en tant que groupe, est de jouer "live". Ensemble, comme en concert. Nous avons une très bonne réputation "live" !

C'est vraiment quelque chose de sensible sur ce nouvel album !

Oui. Ce que nous avons fait, jusqu'à encore récemment, est de construire la musique par blocs, parties, etc... Et c'est ainsi que les chansons étaient construites. Spécialement pour "Marbles". Certains titres comme "See It Like A Baby" ou "The Wound" sur "Somewhere Else" sont juste le résultat de nous, jouant les morceaux, les répétant et les enregistrant. C'était une manière inversée de travailler pour nous. Au lieu d'avoir le luxe d'enregistrer d'abord la batterie, puis la basse, de changer un son après-coup, etc..., nous avons juste joué les chansons comme si nous jouions "live", après les avoir écrites et répétées. C'était vraiment intéressant pour nous de revenir à cela. De créer dans une même pièce. Je trouve ceci particulièrement réussi sur un titre comme "See It Like A Baby" qui a une "vibe" carrément "indie", pleine d'énergie, que Mike a merveilleusement capturée.

Y a-t-il d'autres titres issus des sessions de "Marbles", à l'exception de "Faith" bien sûr ?

Non, pas sur ce disque.

Le titre de l'album, "Somewhere Else", a-t-il une signification particulière ?

Je trouve que cela résume bien l'intégralité de l'album et le processus de création. Nous avons véritablement essayé d'aller ailleurs, au sens propre. Un producteur différent, différentes idées, une approche différente de l'enregistrement, pleine d'énergie. Nous en sommes extrêmement satisfaits, après 14 albums, nous pensons que cela en vaut encore la peine. Nous sommes encore si excités par ce que nous faisons !

Un autre point important autour de cet album est sa dualité, ses deux côtés, au niveau des paroles essentiellement. Ses deux aspects tournent autour de la notion de rupture. La rupture d'une relation, comme dans "The Wound" ou "Somewhere Else", mais aussi la rupture d'avec la société, comme dans "The Last Century For Man". Nous ne nous soucions pas assez des problèmes qui nous concernent pourtant le plus comme sauver notre planète. Si nous continuons à conduire des voitures de plus en plus grosses, à ignorer l'effet de serre, tout ce qui tourne mal, nous finirons pas détruire notre planète.

"L'album tourne autour de la notion de rupture"

Je regardais récemment un documentaire télévisé qui s'intitulait "La mort de la voiture électrique". Dans les années 80, General Motors mit au point la voiture électrique. Elle fonctionnait vraiment très bien, était très écologique et commençait à bien se vendre en Californie notamment. Mais les autres constructeurs de voitures voyaient cela d'un mauvais oeil et les ont forcés à arrêter le développement et même à détruire celles qui avaient été fabriquées ! Lorsque je vois ceci, ce que peut faire l'industrie automobile, je me dis que cela pourrait vraiment être "le dernier siècle pour l'homme"...

La dualité textuelle dont tu parles est amusante car j'ai remarqué un aspect musical similaire. Je trouve qu'un bon nombre de morceaux sont construits de manière "bipolaire", sans beaucoup de transitions ou de ponts, passant d'une idée principale à une seconde. Par exemple, dans "The Other Half" qui est clairement coupée en deux mais aussi dans "The Wound" (première section chantée très directe avant une deuxième moitié plus "spatiale", presque improvisée) voire même "Faith", par exemples.

Oui, même le morceau "Somewhere Else" repose essentiellement sur deux parties. Cela donne l'impression d'aller à un autre endroit, effectivement. Cela renvoie au titre de l'album. Je ne m'en étais pas vraiment rendu compte mais c'est vrai... Un point important chez Marillion est que nous essayons toujours de ne pas nous copier nous-mêmes. Dès que nous trouvons une idée qui ressemble trop à quelque chose que nous avons fait dans le passé, nous l'abandonnons immédiatement. Il existe par exemple une première version de "The Wound" tournant autour de son aspect le plus rock. De la même manière, il en existe une autre interprétation centrée sur son côté plus sombre, qui finira dans la seconde section du titre. Il y a toujours une exploration à faire. Nous essayons toujours de marier les choses. Des éléments différents. Nous essayons de créer un état où ton esprit est libre. Nous cherchons plus de signification, plus d'âme. C'est plus réel si tu peux atteindre ce point, si tu peux exprimer tes sentiments à travers la musique.

Tu sais, nous sommes capables d'écrire des chansons de manière très classique, avec un piano, de structurer chaque élément, les changements d'accords, les mélodies, le "voyage musical", etc... Nous savons très bien faire. C'est ce que beaucoup de gens font. Nous sommes à l'opposé de cela. Un négatif. Donc, lorsque nous produisons ce type de titres, comme "The Great Escape" ou "Thank You Whoever You Are", qui est un bon exemple pour le dernier album, cela produit plus de sens, plus d'âme. Cela porte un message. Sur ce genre de titre, nous cherchons à nous assurer que chaque note de piano, chaque ligne de guitare, sera parfaitement pesée. C'est exactement ce que nous voulons faire ressentir.

Il peut nous arriver d'enregistrer trente prises du même morceau tout en étant toujours excités par ce que nous faisons mais il peut arriver un moment où tu t'ennuies. On peut ainsi enregistrer des pistes techniquement parfaites mais où on perd quelque chose.

Est-il possible de rentrer un peu plus dans le détail de chaque titre de l'album ? Aussi bien au niveau de la musique que des textes, des thèmes abordés ? "The Other Half", par exemple...

"The Other Half" est relative au fait de trouver une âme soeur. Musicalement, c'est très psychédélique avec des touches très rock indie. Cela parle de vivre sa vie normalement et, un beau jour, de réaliser qu'il manque un élément et de le trouver. Les sonorités essayent d'illustrer cela, de créer une image, avec des cordes et des flutes qui tournoient derrière, une batterie "flottante" (Ndr: L'ambiance "valsée" due à la signature en 3/8 sur la première section renforce aussi l'aspect "tourbillon"... celui de la vie). C'est un jour comme un autre, tu ne sais pas particulièrement ce que tu vas faire le reste de ta vie, tu te poses des questions, tu doutes, et tu réalises qu'une personne, cette personne, est ce qu'il y a de plus important dans ta vie. Cela apporte une véritable foi. Tu réalises que c'est ce que tu attendais.

Musicalement, "See It Like a Baby", le morceau qui suit, demeure un peu sur cette même lancée très rock.

Oui ! Cela possède de la vie ("It's got life") ! Nous avons toujours été "Indie Rock". La structure du titre est très simple car le message l'est vraiment tout autant. Cela parle d'essayer d'oublier... Tu es au volant de ta voiture et tu te dis, alors, il faut que je fasse ceci, cela, aller au boulot, tu réfléchis à ce que tu devras y faire une fois arrivé... Il faut dire "Stop !". Arrête de penser ainsi ne serait-ce qu'une minute. Lève la tête, observe comme tout est beau et incroyable. Essaye de voir le monde avec une perspective différente.

J'imagine que tu peux transposer avec la France mais imagine le sud-est de l'Angleterre et tous ces gens qui prennent leur voiture pour aller travailler à Londres le matin, qui payent leurs taxes, gèrent leurs enfants, répondent à leurs mails... Tu es un esclave de ton travail et de ta propre vie. Beaucoup de gens en oublient la raison de l'existence. Ils n'ont jamais le temps de rien. C'est ça, traversez le monde, regardez ces arbres, essayez de voir tout ceci à nouveau comme la première fois, essayez de voir le monde comme un bébé. Contemplez le miracle de la vie, quoi !

C'est pour cela qu'il faut ensuite remercier ;o) "ThankYou Whoever You Are"...

Ah, "ThankYou" ! "What a time this is, everything changing" (Ndr: Pete chante). "ThankYou" est vraiment une chanson qui provient de la situation de Steve (Hogarth). Sa femme et lui se sont séparés fin 2005, hélas. Cela a donc mis Steve dans un état d'esprit très particulier, très différent. Ce titre est vraiment pour dire merci à tout le monde. Il y a toujours des gens pour t'aider, quelque soit la situation dans laquelle tu es. C'est d'ailleurs arrivé aussi très souvent pour Marillion dans le passé, nous avons été régulièrement aidés. C'est donc un grand remerciement. C'est aussi simple que cela (rires).

Le morceau suivant, "Most Toys", propose ensuite un sacré contraste ! C'est un moment assez particulier, étrange, de l'album. Ce retour à une musique encore plus directe et rock que pour les deux premiers morceaux et après ce "ThankYou" impérial et délicat... Je trouve l'ordre des titres assez abrupt, là.

"ThankYou" a effectivement une magnifique progression harmonique, de grands accords. Ils viennent de Mark (Kelly) qui a été très fin, a trouvé un parfait équilibre, riche en nuances. Cela me rappelle "The Great Escape". C'est vraiment une chanson magnifique, à nouveau avec un message très simple. Nous voulions donc vraiment prendre tout le monde par surprise après ce titre. "Most Toys", c'est vraiment un grand "Wake Up now !". Debout, c'est fini (rires) ! Nous avons un autre message pour vous. Et c'était un message... sur un mur ! Dans une loge, je ne sais plus où. Il y avait écrit "He who dies with the most toys is still dead". Cette phrase un peu surréaliste, pleine d'énergie, de "power".

Cela me rappelle un peu le texte de "Drilling Holes".

C'est complètement dans l'esprit de "Trainspotting", plein d'énergie, oui. Ce genre de trucs. Nous nous moquons de sonner cru mais c'est ce que nous voulions pour cette chanson, une sorte d'état d'esprit maniaque, presque à la Iggy Pop.

Retour à des éléments plus posés, nous avons déjà parlé de "Somewhere Else" (le morceau) tout à l'heure. Beaucoup de personnes semblent déjà penser qu'il s'agit d'un nouveau "classique".

Je pense aussi qu'elle a le potentiel pour devenir un de ces morceaux, oui. Elle devrait magnifiquement fonctionner en concert. Les parties de guitare sont splendides.

L'enchaînement avec le morceau suivant, "A Voice From The Past", est particulièrement réussi. Il s'agit d'une des chansons les plus originales du disque de par ses sonorités, à mon avis. Un titre très fort au motif de piano très contemporain (thème presque répétitif avec une progression très subtile).

Il s'agit d'une des chansons dont Mark est à l'origine. Mike (Hunter) a vraiment adoré et a emporté l'idée pour la retravailler de son côté. Il a ajouté des cordes, les parties orchestrées... Il nous a rapporté le tout en disant qu'il pensait que cela était très fort. Il disposait juste de la première partie du titre et en a fait cette pièce ! Steve (Hogarth), de son côté, avait ces paroles "A Voice From The Past" concernant tous ces visionnaires que nous avons eu dans le passé. Ces gens qui parlaient de l'abolition de l'esclavage, de paix... De John Lennon qui chante "Imagine", "Give Peace A Chance", de Martin Luther King... Il y a énormément de personnes sur Terre qui sont concernées par tout ceci, pour lesquels cela fait sens, qui comprennent de quoi il est question, de ce qu'il faudrait faire mais qui mettent tout ceci de côté dans une boîte. Ok, oui, je sais tout cela mais maintenant, là, tout de suite, ce qui m'intéresse est de m'acheter une nouvelle voiture. Le premier couplet de la chanson concerne donc ce point particulier tandis que le deuxième est plus centré sur la pauvreté dans le monde. Ce qui est directement lié à notre récente implication dans le projet "Make Poverty History". Nous avons été très concernés et actifs et le sommes toujours. Nous avons la chance d'être dans cette situation où nous pouvons faire des concerts au profit d'associations, etc... C'est donc ce que nous faisons régulièrement car cela ne nous coûte rien. C'est normal. Notre situation est privilégiée. Les choses ne changent pas tant et il est indispensable de garder tout ceci à l'esprit. Il ne faut pas oublier.

"No Such Thing" semble du coup être très transitoire. Un peu à la manière de "Afraid Of Sunrise" sur "Afraid Of Sunlight". Une sorte de passerelle.

Oui ! Je vois exactement ce que tu veux dire ! C'est tout à fait ce genre de passage. Personnellement, cela me fait penser à Fleetwood Mac (rires). Nous avions cette chanson dont nous n'étions pas très sûrs. Nous avions cette partie de guitare qui tournait, ce thème. Nous avions peur que cela devienne ennuyeux à la longue. Mike avait une idée visant à créer quelque chose d'autre de ce titre. Il a ajouté différentes sonorités, ces jeux de toms, et c'est devenu véritablement joli, beaucoup plus "écoutable". Au niveau des paroles, c'est assez politique. Cela parle de la différence qu'il y a entre ce que l'on nous dit et ce qui est fait. Et encore de la nécessité d'un retour à ce qui est important par contraste avec ce que l'on voit et entend en allumant la télévision, regardant les publicités... C'est une grande comédie ("A big charade" en anglais).

"The Wound" revient à l'autre aspect du thème de la rupture dont tu me parlais, l'aspect personnel...

Effectivement, "The wound that won't heal", tout repose là-dessus. La blessure qui ne guérira pas... Cela n'est d'ailleurs pas obligatoirement une blessure physique. Cela peut être une blessure entre deux personnes... Tout est dans cette phrase...

Sur cette note un peu sombre, il est hélas déjà temps de terminer notre conversation. Merci beaucoup Pete pour tous ces détails et à bientôt pour la tournée !

Merci à toi, Christophe.

Sans oublier l'interview de Steve Hogarth par l'ami Bertrand parue dans le n°65 d'avril 2007 de "Rock Hard". Une interview absolument passionnante qui permet un tour d'horizon véritablement complet sur la création de "Somewhere Else", encore d'autres anecdotes sur sa réalisation, le choix des morceaux et le futur de nos Los Marillos !

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