"Somewhere Else" Tour - Lyon >>> 28 avril 2007

par Christophe Demagny

A l'image de ce mois d'avril 2007 hors norme, chaud comme jamais, le retour de Marillion en terres lyonnaises (après une absence de 6 longues années... c'était la tournée "Anoraknophobia" - grand concert d'ailleurs !) fut un immense succès. Populaire tout d'abord. A voir cette longue file d'attente, d'au moins 500 personnes, pour assister au showcase acoustique et à la séance de dédicaces de l'après-midi à la fnac Bellecour, on peut se dire que la troupe anglaise sait toujours mener son monde. Un constat assez stupéfiant ! Les passants, en plein centre de la Presqu'île, en ce radieux samedi après-midi, interpellant les fans présents. "C'est qui ?", "Ils sont connus ?", "Je croyais que c'était au moins Amel Bent !"... MDR, no comment ;o)

A peine un quart des personnes purent entrer dans ce "haut lieu culturel"... Pas chiens, Pete, Steve et h nous firent un coucou proprement hallucinant. En plein centre de Lyon, au balcon, au milieu de la rue piétonne la plus visitée de la deuxième agglomération de France. "Ca va mes amis ?" Yyyyeeeaaaahhhhhh !!!! Sidérant ! (La video de Cathy est ici)

N'oubliez pas d'aller jeter un oeil aux photos et vidéos de l'ami Denis. Un des chanceux du jour ;o)

Les quelques membres du forum qui s'étaient déjà retrouvés un peu avant furent à nouveau bons pour envahir un second bistrot ;o) Encore un highlight du jour. Quel plaisir de se retrouver. De se découvrir. Pour les souvenirs, c'est ici...

Et puis, forcément, le concert du soir. Dans un transbo blindé. Plus de 1500 personnes.

L'appréciation d'un public est toujours chose complexe. En fonction de l'endroit où l'on se trouve. De chacun. Denis, à juste titre, m'a ensuite confié qu'il avait trouvé l'ambiance incroyablement chaleureuse. Ce fut aussi mon impression. Un public en retenu mais attentif, ne boudant pas son plaisir. Bien sûr, h nous fit gentiment remarquer que nous n'avions pas super bien chanté "Easter" et "Beautiful". Taquin, l'animal ;o) Mais les sourires sur les visages en disaient long à la sortie. L'ovation, régulière, après certaines pièces maîtresses aussi. Car si nous n'avons pas eu droit à des petits cadeaux hors setlist prévue comme le magique "The Space" improvisé de 2001 (ici même), les interprétations des intouchables "King" et "Afraid Of Sunlight" en renversèrent plus d'un. Proprement stupéfiant. Dans le cas d' "Afraid", je ne compte plus les fois où j'ai vu ce morceau en live et, pour être honnête, je n'en attendais rien de spécial ce soir là. Quelle erreur ! Une des plus hallucinantes versions jamais entendue ! A tomber, quelle puissance !

Et la force de Marillion est bien là. A tout moment, ils peuvent vous mettre KO debout, à l'aide d'un répertoire parfait, sensible, varié et inégalable ! En témoigne à nouveau le pourtant ultra classique "Man of 1000 Faces" et son final assommant !!! Un truc de fou, comme on dit...

Pour le reste, le groupe nous gâta, rien à dire. Concert de plus de deux heures, une setlist grandement renouvelée et modifiée. Soir après soir. Chose promise... Au point où nous n'avons même pas eu "See It Like A Baby" (pas un drame...). Sur les autres dates, "Estonia", "Waiting To Happen" et bien d'autres pouvaient apparaître sans prévenir. Un vrai bonheur ! Le seul petit regret, bien sûr, fut de ne pas avoir un poil plus de nouveaux titres. On aurait aimé "The Other Half", "Faith" ou "The Wound" (ce dernier alterne avec "The Last Century For Man" - une merveille absolue soit dit en passant). Mais bon, ne soyons pas plus royaliste que le roi. Des surprises impliquent des sacrifices. Ok, "Easter" et "The Invisible Man" n'ont pas le même statut...

Là où ce fut très classe, c'est que la setlist du concert de Lyon fut tout simplement une des meilleures de ce début de tournée. Eh oui ! L'ouverture sur "Splintering Heart" avec h arrivant avec son projecteur à la main, vous en avez rêvé, Marillion l'a fait. Quel pied !

Splintering Heart; You're Gone; Thankyou Whoever You Are; Easter; Fantastic Place; A Voice From The Past; Afraid Of Sunlight; Somewhere Else; The Last Century For Man; Man Of 1000 Faces; An Accidental Man; Separated Out; Between You and Me; King

Beautiful; The Release

Neverland

Une setlist parfaite, équilibrée, riche, différente, nuancée. Les titres de "Somewhere Else" sont exquis. "Thankyou..." bien sûr mais aussi "The Last Century For Man" et surtout "A Voice From The Past" et son final fin et bouleversant. Il n'y a que le titre éponyme qui soit étrangement un peu en-dessous et qui s'avère plus trivial avec le temps. Presque trop classique. Même la version studio d'ailleurs. Un jugement tout personnel.

"Accidental Man" fut sûrement le bonheur suprême ! Oui, cela peut paraître incroyable pour ceux qui n'ont jamais accroché plus que cela sur la version album mais là, dans le cadre "concert", on se demande simplement comment ce morceau peut ne pas être joué systématiquement ! Tout simplement. Un groove implacable, une finesse terrible pour un titre supra-entraînant ! Au point où les deux morceaux suivants paraîtront presque fades (en dépit des ballons de "Between You And Me"). Le rythme est bien sûr très important durant un show, même chez Marillion, mais l'enchaînement de trois titres de ce type casse un peu le truc. Ce fut là la seule erreur. Renforcée par la présence de "Separated Out" qui fut pourtant un excellent morceau d'ouverture en 2001 mais qui rompit fortement le charme de fin de concert. Pause pipi...

Pas grave car la deuxième grosse surprise arriva très vite. "The Release", face b du single "Easter", déboule et renverse tout sur son passage. Une mélodie à tomber, un titre que je n'aurais même pas osé suggérer. Pure rareté heureusement exhumée lors de la dernière convention. Dommage qu'un bon nombre de personnes du public n'a pas eu l'air de s'apercevoir de ce qu'il se passait...

Inutile d'épiloguer sur les charmes de "Neverland" en ultime rappel. Tout commentaire devient superflu devant ce type de chef d'oeuvre. Surtout que le combo n'avait pas présenté "Marbles" dans la capitale des Gaules en 2004. Sacrilège ! ;o)

Une mise en scène sobre (pas d'écrans cette fois-ci et peu de projections) mais élégante, à l'image des tenues très "smarts" de nos musiciens. h nous ressort même la veste de "This Strange Engine" et le gilet de "Holidays In Eden" ! Un chaleureux drapé fait office de toile de fond tandis qu'un light-show simple, juste et coloré souligne les particularités de chaque morceau de bravoure. C'est peut-être un détail pour vous mais j'ai toujours grandement apprécié ce point chez Marillion. Par de simples détails, la moindre photo permet de dater la période à laquelle elle a été prise. Chaque tournée n'est jamais vraiment comme la précédente.

Enfin, ce mémorable concert permit à nouveau à chacun de se pâmer devant le Dieu vivant Hogarth, à l'organe vocal époustouflant ! Car même légèrement fatigué, sa prestation fut tout simplement une des meilleures jamais entendues. Charisme, bonne humeur et humour à fleur de peau nous épargnant les blagues téléphonées reproduites à l'identique soir après soir, les néophytes ressortirent de la salle avec les commentaires habituels... "Putain, quel chanteur !!!"

Tu m'étonnes... ;o)

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