Marillion Weekend Holland 2013 - Port Zélande

8, 9 & 10 mars 2013

Par Gilles "Gilou"





Comme le temps s’envole ! Déjà deux ans se sont écoulés depuis la dernière Convention en 2011 et, pourtant, il me semble que c’était hier… Je pense que ce sentiment est en partie du au fait que la réception des 5 DVD de « Holidays in Zelande » ait été divisée en 3 salves bien étalées entre mars et décembre 2012. J’ai donc eu l’impression, pendant ces deux ans, de vivre et revivre, la Convention 2011 en voyant et revoyant les 3 soirs de 2011 ainsi que certaines chansons en particulier sur YouTube comme cette désormais légendaire version de « Man of a Thousand Faces » avec un rappel en chœur assez inattendu de la part du public ou, plus récemment, « Senses Working Overtime » avec Dave Gregory en featuring.

Jour 1


Sans emploi depuis peu, j’ai tout le temps de me préparer mentalement et logistiquement pour cette Convention. Je fais les courses au supermarché dans la matinée en achetant, entre autres, quelques bonnes bières belges pour nos amis français Hugo et Valérie ainsi que pour les éventuelles nouvelles connaissances sur place. Je rentre à temps chez moi pour vite boucler mon sac. Mon frangin Raphaël (Raton pour les intimes) arrive avec sa belle voiture de société vers 13h30. Après avoir tout chargé dans le véhicule, nous sommes fins prêts pour mettre les « voiles » à 14h00 vers Port-Zélande. Grâce au GPS incorporé dans la voiture, pas de problème d’itinéraire, impossible de s’égarer en chemin et les 105 CV nous mènent à bon port pour 15h30, après avoir écouté des passages de la bande originale du film « The Rock » composée par Hans Zimmer et ensuite, dans un registre plus proche (quoique…) du style musical de notre week-end, « The Lamb Lies Down on Broadway » de Genesis.

Arrivés sur place, nous nous dirigeons vers la réception pour avoir les clés de notre « cottage ». Nous sommes apparemment les premiers sur les lieux ; les « Frenchies », arrivant de Paris, ont évidemment un peu plus de route à faire. J’en profite pour décharger nos bagages et nos provisions de nourriture et tout mettre dans le frigo pendant que Raf va garer sa voiture sur le parking à l’entrée du Centerparcs.

Une fois cette première étape terminée, il ne faut pas perdre de temps : trouver des vélos pour pouvoir arpenter les alentours du Parc, même si la météo annoncée pour les prochains jours n’augure rien de vraiment bon: ciel couvert en permanence avec, de la pluie par intermittence, voire carrément quelques flocons. Manque de bol alors qu’à peine trois jours avant, il faisait grand soleil à Bruxelles avec pas moins de 17°C au mercure.

Mais voilà, à 16 heures, déjà plus de vélos (gratuits) disponibles… Nous décidons d’aller nous « consoler » en allant refroidir notre carte de crédit au merchandising avec près de 160 EUR d’achats groupés pour mon frère et moi !!! Hé oui, quand on aime, on ne compte pas. Plus d’une demi-heure de file est nécessaire quand même pour être servi par un brave gars souriant mais un peu lent à la détente quand il s’agit de nous donner précisément ce qu’on lui demande : « Non merci, j’ai déjà le DVD « Holidays in Zelande », ce que je voudrais c’est les CD » ; « J’avais demandé un pull à capuche de taille L et pas XL »…

Après ces petites emplettes, nous rejoignons nos camarades français qui, entre-temps, sont arrivés à bon port, c’est le cas de le dire. On entame notre casier de Jupiler (Pils belge) accompagnée d’autres bières spéciales (Afflighem, Floreffe, Leffe,…) et s’ouvre un bon paquet de chips et de cacahuètes.

On discute des actualités de chacun et il est déjà 17h30 quand on décide, mon frère et moi, de se préparer un bon saucisse – compote – purée avant de nous diriger vers le chapiteau pour ne pas manquer la première partie. Nos amis d’Outre-quiévrain prennent leur temps comme à leur habitude.

Sur place vers 19h00, nous sommes à l’heure pour la première des premières parties : DeeExpus. Une bonne mise en bouche, assez orientée métal progressif et ressemblant assez au style de Dream Theater. Le chanteur, Andy Ditchfield, a d’ailleurs un petit air de ressemblance avec James LaBrie. Petite précision, Mark Kelly, ne joue pas avec eux à ce moment-là.

A 20h00, DeeExpus termine son show sous des applaudissements soutenus. Pendant que l’équipe technique effectue ses derniers ajustements, les écrans affichent les nationalités en présence, lorsque la Belgique arrive, je hurle en agitant mon drapeau belge tout en me sentant à dire vrai, un peu isolé. Un Français, à côté de nous, nous glisse avec le sourire : « Ah ok, vous êtes seulement deux…». On aperçoit aussi comme le premier soir d’il y a deux ans mes amis suisses allemands au premier rang rencontrés il y a déjà 4 ans lors de ma première Convention. Je les salue comme la dernière fois, « le sourire jusqu’aux oreilles ».

A 20h30, le plat de résistance est fin prêt. Les lumières s’éteignent et c’est parti pour l’album « Radiat10n » joué en intégralité. Petite déception – déjà – pas de belle intro rallongée comme il y a deux ans sur « Splintering Heart » avec de belles images de clip projetées sur le rideau. Juste un petit film en noir et blanc sur la fin de « Costa Del Slough » : « The Hole in the Ozone Layer… », on n’a pas droit au cri de la voix de H, ni au raffut de début d’intro, qui, je le rappelle, est un mix de tous les morceaux de l’album. Dommage ç’aurait été original. Mais place directement à « Under the Sun » où l’on découvre, au tomber de rideau, H portant de belles lunettes de soleil, qui lui donne, comme mon frère me le souffle à l’oreille, un petit air de Gilbert Montagné.

Comme sur la tournée, Pete et Steve Rothery ont interverti leur place. Je pensais encore deux semaines auparavant que c’était pour tenter une autre approche de « mise en scène » mais après avoir lu l’interview de Mark Kelly dans le Web UK, j’ai appris que, suite à sa « surdité de perception » en janvier 2012, Mark dut tenir les retours de guitare de Steve le plus éloigné de lui pour lui permettre d’être le plus à l’aise possible sur scène. Ce changement n’est pas pour me déplaire personnellement, surtout qu’on voit beaucoup plus Mark de face à présent.

Je vous ferai grâce d’un avis sur chacune des chansons de l’album mais en bref, et je pense que c’est l’opinion de la plupart des fans, le dixième album de Marillion donne un très bon résultat en live; on oublie instantanément les effets ratés de la version studio de 1998. Pour ce week-end, je pointerai les versions de « Cathedral Wall » et surtout de « A Few Words for the Dead » avec le nouveau gun de H. Cette version devrait être encore meilleure que celle de « Mirrors » de 2005 que je portais aux nues depuis ma première écoute. Cet album, très pêchu, nous file un paquet d’énergie pour la suite de la soirée, on en aura bien besoin…


La deuxième partie du set commence doucement avec la chanson écrite par nos amis en l’honneur de leurs fans : « 80 days ». H nous rappelle que c’est la chanson la moins plébiscitée par les fans eux-mêmes… Pas de quoi refroidir l’atmosphère cependant. Après un « Genie » et un « Somewhere Else » de bonne facture, arrive « Hooks in You », morceau très pop, certes, mais qui nous file toujours à tous les deux une pêche démentielle. J’en profite d’ailleurs pour commencer à sauter sur place. Vient ensuite « Cover my Eyes », que j’ai beaucoup entendu sur la tournée mais qui me plait toujours autant.


On fait ensuite un petit saut de quelques années en arrière avec trois titres de l’époque Fish; avec d’abord « Slainte Mhath » (« santé » employé en Ecosse et en Irlande). H en profite d’ailleurs pour porter un toast au géant écossais. Très sympa… Certains des participants y verront un geste quelque peu forcé mais après avoir revu les images sur YouTube, je pense que la sincérité y était (Note de Christophe: Fish avait de plus subi une petite intervention chirurgicale quelques jours auparavant).

L’atmosphère s’électrise complètement sur cette triplette fishienne (« Lavender » et « Heart of Lothian » suivent). Il faut dire que, même si H officie maintenant depuis 24 ans, certains irréductibles ont toujours un faible pour le « Poisson ». Comme je n’ai pas connu cette époque, je ne peux pas vraiment être du débat.

« King » vient nous mettre encore une belle raclée. On la connaît bien mais on aime toujours ça.

Hugo m’avait dit quelques heures avant : « ‘Script for a Jester’s Tear’ est ma chanson préférée, je voudrais vraiment qu’il la joue ». Un fan des premières années comme lui, je peux comprendre. Son vœu sera exaucé car le fameux « So here I am Once More… » arrive. Tout le public entonne l’entièreté des paroles au point de couvrir H et son micro. En revoyant Hugo après le concert, je lui dis : "Alors tu l’as eu ton Script !!!"

« Happiness is the Road », désormais classique viendra clôturer ce fabuleux premier soir. Après cette folie, je me dis : « c’est bon ma Convention est déjà réussie, j’ai l’impression que c’était le soir de clôture » en comparaison aux émotions ressenties lors de mes deux précédentes éditions.
Raf et moi rentrons chez nous tout en sueur, en ayant même du mal à reprendre notre souffle après une telle apothéose. On retrouve petit à petit nos esprits autour d’une bonne chope avec Hugo et Valérie et on ne tarde pas trop à aller se coucher pour pouvoir assurer les deux prochains jours.


Jour 2

Après le petit déjeuner, on se met en route pour le « Marillion Museum » tenu comme d’habitude par le flegmatique mais néanmoins sympa Andy Rotherham du Web UK, toujours prêt à répondre à nos questions. On peut apercevoir certains clichés pris par Steve Rothery datant des premières années du groupe. Les différentes versions de « Sounds that Can’t Be Made » (européenne, japonaise, américaine,…). Les premiers T-Shirts du groupe peints à la main s’il vous plait. Intéressant sans plus.


A midi nous avons rendez-vous dans un chalet « belge » en compagnie de Jean-François, Bernard et sa petite famille. Nous les avions rencontrés en novembre à Lille lors de la tournée. Ils nous font l’amabilité de nous accueillir chez eux ; nous leur apportons quelques bières et, en échange, Bernard, spécialiste en vins, nous ouvre une bonne bouteille de « Nuits Saint-Georges » de 2010. Un pur nectar cette cuvée, mais après la bière, ça me file un petit coup de mou. Bernard nous explique que lors des premières tournées de H, il regrettait le charisme de Fish et craignait surtout que le sémillant H de l’époque ne fasse passer Marillion d’un groupe étiqueté néo-prog à un boys-band en se rappelant toutes les « gonzesses gueulant au premier rang » lors d’un concert à l’Ancienne Belgique à Bruxelles remontant au début des années ’90.

Je reviens cahin-caha à mon cottage et je file dans mon lit faire une petite sieste histoire de cuver ce mélange d’alcool fort peu orthodoxe, je le conçois, en laissant mon frère en compagnie de Hugo et Valérie.

A mon lever du lit, 45 minutes plus tard, direction l’Adventure Factory pour voir ce que donne Alan Reed (ex-chanteur du groupe  « Pallas » de 2001 à 2005) sur son petit concert acoustique. L’endroit est peu propice pour performer avec tout ce monde qui jacasse en buvant sa bière et en écoutant le chanteur seulement d’une oreille. Belle voix, cela dit, mais fort peu mise en valeur.

De retour au cottage, il est déjà temps de (re)manger avant de se rendre au chapiteau pour l’intégrale de « Brave ». Une lasagne et c’est reparti comme en ’40. Nous arrivons vers 17h45, un quart d’heure avant l’ouverture des portes. Je vais voir au devant de la file pour voir si les Suisses Allemands sont déjà en train de faire la queue. Je ne les aperçois point mais par contre je tombe nez à nez avec un grand type, vêtu d’une soutane noire, le visage maquillé à l’identique de la pochette de l’album de 1994. Impressionnant ! Les portes s’ouvrent avec dix minutes de retard et on se retrouve bien devant. On découvre que la configuration de la scène a quelque peu changé par rapport à la veille : on remarque une passerelle s’avançant en pente vers le public. Je me retrouve derrière le fameux homme déguisé, je lui propose gentiment de le prendre en photo. Il accepte. Je lui glisse ensuite en anglais « Que la Force soit avec toi ! » car avec son grand manteau à capuche, il a plus l’air de ressembler au Sith Darth Maul dans « Star Wars : La Menace Fantôme ».


Obscurité et Pete arrive pour ouvrir le bal. Visiblement assez tendu et nerveux mais très touchant à mes yeux et pour le reste du public. Il faut préciser qu’il s’agit de son premier « seul en scène ». Il nous joue trois ou quatre morceaux à la guitare pour être ensuite rejoint par son comparse Eric Blackwood avec qui il a sorti l’album « In the Last Waking Moments… » sous le nom « Edison’s Children ». Sympa ! Surtout avec l’arpège sympa à la guitare de la chanson « A Million Miles Away » qui, ils nous l’apprennent, a atteint le top 40 aux Etats-Unis des chansons les plus passées à la radio (sûr… ?).

Arrive ensuite un groupe appelé « Sweet Billy Pilgrim » dont le programme nous apprend que David Sylvian (Japan), propriétaire du label sur lequel ils ont sorti leur dernier album – important de le préciser, les distingue des autres groupes musicaux qui sont comme des « scientifiques électron libre bricolant dans une cabane au fond de leur jardin » alors que Sweet Billy Pilgrim arrive à créer son propre univers ». Mmmouais ! J’apprécie la musique de David Sylvian mais là je pense que c’est un peu exagéré. Certes, c’est original sur certaines parties mais n’arrive pas vraiment à me transporter outre mesure et surtout n’arrive pas, comme DeeExpus la veille, à chauffer la salle pour la suite de la soirée.

20h30 !!! J’attendais ce moment dès que j’ai appris la nouvelle sur YouTube avec le trailer publié par Marillion pour cette soirée. N’étant pas de la partie en 2002, j’allais enfin voir ce que donne ce chef-d’œuvre en intégralité LIVE ! On assiste d’abord à une curieuse intro musicale qui ne fait pas beaucoup penser aux premières notes de l’album. Un gros blanc et puis seulement… les premiers grondements du bateau que tout le monde connaît. Pour les intros de chaque soir, c’est un peu raté de la part du groupe par rapport à il y a deux ans. Petit inconvénient en plus, malgré mes 1m90, j’ai un peu de mal à voir toute la scène avec devant moi trois types de presque aussi grande taille dont le fameux « Sith ». Ce n’est pas l’idéal, en plus il y en a un qui ne sent pas vraiment la rose… Petite précision, mon frère et moi sommes à trois rangs de l’extrémité de la passerelle. On peut nous voir d’ailleurs sur un cliché envoyé par Marillion dans sa newsletter de remerciements et je le pense aussi sur Facebook.

C’est donc parti pour environ 80 minutes non stop. L’album dure 70 minutes mais en concert, ça dure toujours un peu plus longtemps. Je m’énerve car j’ai toujours un peu de mal à voir correctement la scène et puis l’ambiance est un peu plombée dans la première partie de l’album. Tout le public est comme des piquets bien verticaux qui ne bougent pas d’un poil. Contraste saisissant par rapport à l’ambiance de la veille même si « Runaway » et son très bon solo de guitare me réveille un peu. On assiste à un beau tableau où H enlève un à un les pétales d’un bouquet de tulipes.


Ca commence un peu à bouger avec « Mad », H s’avance pour la première fois sur la passerelle pour se faire une « beauté » : maquillage, rouge à lèvres, couettes ; à peu de choses prêt, on le confondrait avec Robert Smith de « The Cure »… Tout d’un coup, il ouvre sa soutane pour laisser apparaître les fameux miroirs cachés à l’intérieur (NdC: effet datant de la tournée "Anoraknophobia" en 2001). Ca commence à se remuer un peu. Il était temps ! La suite est une des parties que je préfère sur l’album: la séquence « The Opium Den – The Slide – Standing in the Swing ». Là je commence à me laisser transporter par cette si belle musique. « Hard as Love » suit et H reprend sa place sur le devant de la scène. Vers la fin du morceau, on voit apparaître deux gars, cagoulés, le ramener de force vers les coulisses, assez inattendu je dois dire... (NdC: Cette mise en scène était déjà présente sur la tournée de l'album en 94 ;o)
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Petite précision : l’interprétation de cet album sera émaillée par au moins cinq ou six pépins techniques. Par exemple, Rothery commence son intro à la guitare de « Alone Again in the Lap of Luxury » mais le reste du groupe ne suit pas. Petite bisbrouille entre nos 5 compères, ce n’est pas trop grave. On recommence au début et ce sera, bien sûr, coupé au montage sur le DVD.

« Paper Lies » est la chanson que je zappais toujours en écoutant la version studio mais en live, il faut dire que c’est tout différent. H, enfile en deux temps, trois mouvements, un costume doré qui fait son petit effet et s’avance encore devant nous pour brandir des billets de banque (des faux, rassurez-vous…) semblant signifier : « Prenez ce fric et fermez votre gu**** ! ». On voit sur l’écran, à l’arrière-scène, les paroles défiler en style typographique de manchettes de journaux. Pas mal ce côté bling-bling qui est plus que jamais d’actualité dans le monde d’aujourd’hui.


Vient ensuite, un autre de mes morceaux favoris, le titre éponyme : « Brave ». H a eu le temps de se remettre pendant l’outro musicale de « Paper Lies ». Pendant ce temps, des cierges sont installés tout le long de la passerelle à l’avant-scène. H réapparaît en soutane et une belle jeune fille blonde en chemise de nuit – j’apprendrai par la suite que c’est la fille de Steve Rothery, dont on peut entendre la voix sur la même chanson de la version studio alors qu’elle était tout bébé (voir le bonus du DVD « Brave » le film), tenant une flamme à la main, s’avance pour allumer les cierges un à un durant la longue intro du morceau.

Le grand classique « The Great Escape » suit. Superbe comme d’habitude. Rien à dire. A la fin du morceau, le groupe s’en va en coulisses, pour un premier rappel. Etrange… mais comme le morceau final « Made Again » se démarque quelque peu du reste de l’album ; H précisera au public qu’à la fin de l’écriture de l’album, le groupe pensait que cet album était « vraiment sombre et noir. C’est pourquoi nous avons décidé de rajouter la belle chanson dont les paroles ont été écrites par John Helmer pour terminer sur une note plus positive. »

Ca sera en effet non seulement avec la musique mais aussi avec le visuel. Lorsque la deuxième partie du morceau commence, avec « And It's All Because You Made Me See », on assiste à l’arrivée sur scène de toute une foule de gens tenant les drapeaux des 45 pays représentés à cette Convention 2013. Vraiment sympa, même si, personnellement, j’aurais aimé être sélectionné comme porte-drapeau belge :-/
Une petite pause bien méritée vient ensuite pour nos amis en attendant la deuxième partie de cette soirée.

Comme je risque d’être un peu long – je viens d’entamer ma cinquième page sur mon document Word – je ne vais pas commenter le reste du set du concert, que vous pourrez aisément trouver sur le site du groupe ou ailleurs mais je voudrais tout de même conclure en précisant mon sentiment général à l’issue de cette soirée en disant que, même si j’étais personnellement très impatient d’assister à l’interprétation de intégrale de « Brave », n’ayant pas assisté à la tournée de l’album à l’époque et n’ayant pas assisté à la Convention de 2002 à Pontins (Angleterre), je suis un peu resté sur ma faim. Comme l’album est l’un des mes favoris, à l’instar de nombreux fans, on s’attend, en tout cas on espère, à ce qu’il soit parfait sur scène. C’est presque une gageure de jouer toute une pièce de près d’1h30 sans pause en évitant tout pépin technique.

Au-delà de ça, d’après ce que j’ai pu lire sur internet et ailleurs, Genesis l’a bien connu en son temps avec l’album « The Lamb… » où l’imagination géniale mais quelque peu mégalomane de Peter Gabriel, avait provoqué de nombreux soucis techniques tout au long de la tournée. Pour les avoir vu à Lille en 2012, même le tribute band « Musical Box » n’était pas vraiment capable de donner un second souffle à l’interprétation live de l’album, même si la plupart des soucis techniques pourront être évités. Pour la simple et bonne raison que le public a rarement l’occasion de « souffler » et surtout le groupe lui-même.


Cette comparaison peut vous paraître un peu extrême voire déplacée mais je laisse à chacun de juger en son âme et conscience. Cela dit, je pense que, ce soir-là, Marillion aura laissé pour beaucoup de fans, sans doute moins tatillons que moi, un grand souvenir dans la restitution de cet album mythique.
Ce n’est juste que mon opinion sur mes émotions ressenties à ce moment-là. Le DVD pourra peut-être, grâce entre autres au montage, à gommer les petits soucis techniques pour nous restituer l’album dans ce qu’il a de plus beau.

Après avoir pris quelques photos de l’ambiance d’après concert sous le chapiteau et surtout après avoir tenu près de 5 heures debout, mon frangin et moi sommes impatients de trouver un endroit pour nous asseoir et manger un bout. Comme il y a deux ans, nous nous rendons tous deux au Market Dome pour manger un bon cheeseburger – frites. Ca fait du bien la « junk food » de temps en temps.

       

De retour chez nous, une petite bière en compagnie de Hugo et Valérie avant d’aller pieuter.


Jour 3

Au lever, je me sens un peu fatigué, la météo n’est pas vraiment meilleure; au contraire, il neige à présent. Cela n’empêche pas Hugo, Valérie et Raf d’aller piquer une tête à la piscine. J’en profite pour aller au merchandising aller acheter les albums de « DeeExpus » et de « Edison’s Children ». Lorsque j’en ressors, je croise Mark Kelly qui revient d’un jogging en compagnie de quelques fans. J’en profite pour prendre le sportif en photo. Rentré à la maison, je commence à faire la vaisselle et un peu de rangement dans le salon car nous attendons nos trois amis suisses ainsi que Bernard et Jean-François pour l’apéro de midi.

Mes colocataires reviennent de leur plongeon et disent avoir croisé nos amis dijonnais d’il y a deux ans. Ils ont dit qu’ils passeraient sans doute nous saluer à l’apéro mais, trop fatigués, ils ne se manifesteront finalement pas. Ce n’est pas grave. Les premiers convives suisses arrivent avec de petites choses à grignoter ainsi que leur PC portable où nous pouvons admirer les photos des deux premiers concerts. Il faut préciser que Stefan possède du matos de pointe en matière de photographie. Je lui demande si je peux copier ses photos de si bonnes qualité – qualité que je suis incapable de reproduire avec ce qui me sert d’appareil – mais il me dit qu’il me les enverra par internet plus tard, une fois qu’il aura « dépoussiéré » le grain superflu grâce à un logiciel spécialisé. OK pas de problème, répondis-je.
Bernard et Jean-François arrivent quelques instants plus tard. La discussion se poursuit. Le nom du groupe revient souvent comme vous pouvez vous l’imaginer.

Déjà temps de manger un petit bout car il est presque 14h00 et il faut se rendre au chapiteau pour assister à la finale du Quiz, aux questions-réponses adressées par les fans au groupe et surtout au « Swap the Band ».

On arrive au chapiteau vers 14h30 mais il y a toujours la file, les portes auraient du s’ouvrir il y a une demi-heure mais l’organisation a, semble-t-il, pris un peu de retard. Qu’à cela ne tienne, nous entrons un à un car les stewards doivent vérifier le bracelet de tout le monde à l’entrée. On s’installe avec Nicole et les deux frères suisses ; le temps d’aller aux toilettes, les deux compères avaient quitté le chapiteau pour faire la file pour le concert du soir dans le froid glacial. Quel courage !!!

Le quiz final ne tarde pas à commencer. Les questions sont aussi plus difficiles et surtout plus farfelues les unes que les autres. Exemple : « Quelle chanson de Marillion compte le plus grand nombre de personnes à sa composition ? » - Réponse : « The Space » ou encore toutes sortes de questions concernant les ventes sur eBay : « A combien se vend la première édition de « Separated Out » écrit par Jon Collins ? » etc… Tout cela se passe néanmoins dans la bonne humeur. Le groupe plaisante à l’envi.

Vient ensuite la séance des « questions – réponses ». On y apprend que la plupart des membres du groupe écoutaient les Beatles quand ils étaient jeunes et qu’ils ont beaucoup été influencé par leur musique. Pas vraiment un scoop, je vous l’accorde, mais je repensais à ce que m’avait dit Bernard lors du concert de Lille : « Tu apprécies Marillion surtout pour leur aptitude mélodique donc tu dois aimer plus les Beatles que les Stones ». Il avait tapé dans le mille. J’écoute plus les Beatles que les Stones mais je dois avouer, la mort dans l’âme, que je n’ai jamais écouté un album des Stones en entier… Entre-temps j’y ai remédié en achetant « Sticky Fingers » et « Exile on Main Street ».

Autre question, plus intéressante, l’actualité du groupe : « Quels seront vos projets après la Convention de Wolverhampton ? » - Ian : « Je ne ferai rien » - Steve R. : « Je compte terminer de classer mes photos pour le site « Postcards from the Road ». – Pete : « Je me rendrai à Nashville où je rejoindrai les autres membres de « Transatlantic » pour y enregistrer un nouvel album. » - H : « Je compte faire une dizaine de dates avec Richard Barbieri pour l’album "Not the Weapon but the Hand" ainsi qu’un peu de jardinage et tenter de comprendre les règles du cricket et enfin Mark qui compte recollaborer avec DeeExpus.


Ensuite, H invite un certain Brian à venir sur scène avec sa copine Marjolein. Il nous explique en substance qu’un an auparavant il était dans un centre commercial pour lui faire une demande particulière. Elle lui répondit tout de go que ça devait être à l’occasion d’un évènement « spécial ». On devine rapidement dans le public que le jeune homme veut lui demander sa main. Tout le groupe vient leur donner leur bénédiction à tous deux. C’est aussi ça le charme de la Convention.

Vient enfin le moment du « Swap the Band » ! Pour commencer, H accueille à la guitare Daniel de Hollande pour jouer « Splintering Heart ». Ensuite vient un violoniste pour nous jouer « You’re Gone » avec son violon électrique qui sonne plus électrique que vraiment comme un « violon ». J’ai du mal à reconnaître le son…

Une jolie Américaine rejoint nos cinq amis pour interpréter « The Party » au chant. Personnellement, j’étais impatient de pouvoir apprécier pour la première fois une petite touche féminine, surtout quand elle chante. Malheureusement, le résultat est un peu décevant car, sans doute en raison du stress, la voix ou le micro était bien trop bas. Bravo pour son courage cela dit.

Un autre Américain vient ensuite jouer « Map of the World » à la batterie. H précise que le groupe n’a pas vraiment pu répéter cette chanson mais que ça pourrait être intéressant – toujours la petite pirouette cocasse – même si, surtout de la part du chanteur vedette, ça s’entendait quelque peu. Et pour finir, un Hollandais vient nous jouer « The Other Half » à la basse. Toujours aussi sympa  même si j’avais préféré les prestations d’il y a deux ans. Mais c’est toujours aussi touchant de voir les étincelles dans les yeux de ces anonymes quand ils ont l’honneur de pouvoir jouer avec leur groupe favori.


De retour au chalet, Nicole nous dépasse sur son vélo pour aller ravitailler ses deux hommes en sandwiches et café bien chaud; quant à nous, on va se ravitailler en restes de pâtes de la veille me concernant et en pizza (pas assez) cuite au micro-ondes pour le frangin. Eh oui, pas de four dans les chalets standards. Dans deux ans, on optera pour un deluxe…

Fin prêts à 18h30 pour ne pas rater la première partie. Contrairement à la veille, nous serons gâtés avec le groupe hollando-catalan « Harvest » et sa jeune chanteuse, mignonne et très souriante tout comme les autres membres du groupe. A l’instar de Marillion, on sent que ces mecs sont heureux de jouer ensemble. Depuis quelques temps, je trouve ce critère de plus en plus important chez un groupe. Steve Rothery et Alan Reed leur ont fait l’honneur de les accompagner sur deux morceaux de leur dernier album. Je n’ai malheureusement pas pu l’acheter après le concert mais je m’en vais me le procurer sur leur site très prochainement.
Par élimination, on se doutait des ingrédients qui composeraient le (dernier) plat de résistance de ce « Secret Sunday ». C’est parti pour nous jouer en intégralité le dernier album « Sounds that Can’t Be Made » mais pas dans l’ordre, précisera H, pour raison de lumières soi-disant. On est assez bien placé, pas trop loin de la scène. La caméra-grue passe et repasse au dessus de nos têtes, ce sera le seul petit bémol au programme.

En route donc pour la Palestine avec « Gaza » en ouverture comme sur la plupart des dates de la tournée. J’ai toujours personnellement du mal à écouter la version studio en entier mais il s’agit déjà de ma troisième version live et j’apprécie de plus en plus ce morceau dans ce format-là. « Waiting to Happen » suit et change complètement l’ambiance mais en bien. Je vois tout à coup le mec à côté de moi fondre en larmes dans les bras de sa copine. Très touchant !

Vient ensuite « Lucky Man », toujours sympa en studio mais en live ça déménage pas mal surtout avec le refrain : « I Truly Am A Lucky Man, I Have Everything That I Want » répété à l’unisson par tout le public. On en vient à un premier classique des classiques avec « This Strange Engine ». Arrive le formidable solo de Rothery, mon frère me crie à l’oreille : « J’appelle Gabriel pour lui faire écouter le solo ». C’est parti ! Le troisième larron, resté au pays pour finir sa thèse de doctorat avec pour thème «  La transmission des compétences en entreprise », aura bien reçu celle-là de transmission et en sera ravi mais, avec le tohu-bohu ambiant, on l’apprendra seulement à notre retour. Version magistrale !!! Un membre de ce forum précisera qu’il s’agissait de la « plus belle version de TSE jamais interprétée ». Je ne peux qu’être d’accord avec lui en entendant les applaudissements sans fin des fans à l’issue du morceau. 


Un autre grand moment de cette soirée fut la première interprétation jamais proposée de « Montreal » qui est, pour moi, le plus beau morceau sur le nouvel album. Un moment que je l'attendais avec impatience depuis la sortie du disque. Je ne fus pas du tout déçu – tout comme n’a pas du l’être, à mon avis, le public de Montréal, deux semaines plus tard avec le morceau en ouverture de leur Convention québécoise.

Permettez que nous glissions rapidement sur « Invisible Ink », sans doute le titre le plus faiblard de l’album mais qui bénéficie ici d’un rendu très correct mais surtout sur le sempiternel « Neverland » où on a déjà tout dit. Il faut toujours qu’ils la jouent celle-là !!! Grrrr. Ca fera sans doute plaisir à beaucoup de fans mais personnellement je n’en peux vraiment plus de me taper ce morceau à chaque date ou convention depuis mon premier concert de Marillion en 2004…

Un autre morceau que j’ai appris à apprécier au fil des écoutes de l’album ainsi que sur la tournée était « The Sky Above the Rain », une belle musique avec aussi de terribles paroles. Rien que les deux premières strophes : « She Loves Him But She Does Not Want Him » sont assez terribles et en même temps assez réalistes. Je pense que pas mal de mes ex-copines comme certaines femmes en général ont du se poser ce genre de question existentielle : « Je l’aime mais sera-t-il un partenaire idéal dans ma vie future… ? ». Mesdames, je vous laisse juges…
Lorsque arrive le fameux « Maybe They’ll Talk », c’est l’apothéose sous le chapiteau avec « The Golden Shower » et ses confettis brillants tirés par deux canons aux deux extrémités de la scène. Waawwww !

Superbe final. Le public est conquis mais une bonne convention ne se termine pas sans un ultime rappel. Malgré la neige qui tombe dehors, ce sera « Garden Party », ne vous en déplaise. Au premier couplet, H s’emmêle déjà les pinceaux dans les paroles : « Bla, Bla, Bla, I Can’t Remember It… ». Il ne doit pas aimer beaucoup « le poisson » mais bon on lui pardonne. Le public aidera notre chanteur pour le reste du morceau.

Voilà que se termine cette très belle triplette de concerts. Mention spéciale aux lumières et autres effets visuels. Du beau travail assurément qui, je l’espère, sera bien rendu sur le DVD et le Blu-Ray.


On regagne nos pénates en compagnie de Bernard et J.-F. Commence ensuite un débat un peu stérile sur le « Swap the Band » et sur une certaine « facilité » des fans musiciens à accompagner le groupe dans ses compositions. Je ne vais pas citer le nom de la personne qui défendait cette opinion-là pour éviter de trop la brusquer.

Au bout d’une heure de palabres, nos amis s’en vont et nous décidons Hugo, Raf et moi d’aller frapper à la porte des Dijonnais que je n’avais pas encore vu de tout le WE. On a plaisir à revoir ces têtes connues d’il y a deux ans. Ca vanne à tout va. Des alcools très divers sont ouverts sur la table dont de l’Armagnac datant de 1991. Je ne suis pas un vrai connaisseur dans les alcools forts mais je suis sûr que les experts apprécieront. On passe vraiment un bon moment mais il est déjà 02h30 du mat’ et comme on doit quitter le bungalow nettoyé et rangé avant 10h...

Le lendemain Hugo et Valérie doivent déjà partir à 9h00 pour que Valérie attrape à temps son avion pour Toulouse. On se lève avec difficulté, on prend notre p'tit dèj’ et on range tout le chalet. On n’oublie pas de rendre les clés à la réception – je ne refais pas l’erreur d’il y a deux ans où j’avais retrouvé la clé du chalet dans la poche de mon froc en arrivant à Bruxelles et que j’ai due expédier au Parc par la poste. Entre-temps, nos amis suisses logeant dans l’appart au-dessus de chez nous, viennent nous proposer de venir boire un verre en leur compagnie.

Nos sacs bouclés, le ménage fait, nous rejoignons Christian, Stefan et sa compagne Nicole au « Market Dome » et nous mangeons un bout en reparlant du beau week-end. Tout à un coup, on aperçoit Pete. Stefan saute de sa chaise pour aller lui demander un autographe. Le bassiste a l’air assez fatigué mais satisfait de sa convention. Un petit pincement au cœur arrive au moment de se dire au revoir. On aimerait bien encore passer le reste de la journée à bavarder mais nos amis ont un avion à prendre. C’est passé si vite. Mais nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur en se donnant rendez-vous dans deux ans.

             

Nous regagnons sans trop de mal Bruxelles en écoutant l’album d’ « Edison’s Children » et son très bon single « A Million Miles Away ». SNIF !

Voilà, merci à tous de m’avoir lu jusqu’au bout. J’espère que cette chronique vous a plu et qu’elle donnera envie à ceux qui n’ont pas encore participé à une convention de vite combler cette lacune dans deux ans car il y en aura bien une, comme l’a promis notre ami H.



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