Marillion Weekend Holland 2011 - Port Zélande

25, 26 & 27 mars 2011

Par Gilles "Gilou"





Jour 1

Il y a deux ans, je pensais déjà vous écrire mes impressions à l’occasion de mon « dépucelage conventionnel ». J’avais même pris quelques notes sur place dans un carnet mais la paresse et le manque de temps ne m’ont pas permis de le faire. Cette fois, je tiens mes engagements en vous contant “à froid” (sans doute un peu trop glacial, vous êtes sans doute tous bien redescendus sur terre) mes aventures de 2011 à Port-Zélande en compagnie de mon frangin Raphaël.

Cette année, je ne pus partir aussi tôt qu’en 2009 : mon frère ayant ses obligations et moi… les miennes - entre autres signer le matin même un contrat de sous-traitance mettant fin à 3 ans et neuf mois de travail intérimaire pour un même client ; autrement dit de passer d’un contrat précaire à semi-précaire mais… précaire tout de même. Bref, nous nous retrouvons sur l’autoroute d’Anvers seulement vers 15h15 le vendredi après avoir perdu une heure dans la capitale belge en raison d’un sommet européen « radioactif » pour chercher mon sac à mon appartement. Malgré les multiples embouteillages et travaux, nous arrivons vers 17h30 sans trop d’encombres à destination. A un petit jet de pierre de Bruxelles comparé à certains autres participants venant, pour certains, du Mexique, du Brésil, d’Australie et même des Îles Caïmans et des Emirats Arabes Unis. Marillion se mondialise, INCROYABLE ! – je caresse l’espoir, on peut toujours rêver, de faire un jour connaissance avec des ressortissants provenant d’Arabie Saoudite, de Chine ou encore d’Iran et les voir s’ouvrir à cette belle musique dès qu’ils auront eu la chance d’entendre Marillion.

Le Center Parcs est déjà bien plein et les repères sont quelque peu différents de la dernière fois à savoir chercher ses clés à la « vraie » réception et non plus à l’Adventure Factory. Nous perdons déjà un quart d’heure et lorsque je presse Raf pour nous hâter tous deux au merchandising avant 18h00 (qui lui se tient cette fois à l’Adventure), on est déjà refoulé à 17h45 pour qu’ils puissent fermer à 18h00 PILE !

Petite précision, tant que j’y suis, les horaires seront très serrés pendant tout le week-end ; attention aux retardataires : si vous ne voulez pas en rater une miette, la ponctualité est de mise ; ce qui, personnellement, n’est pas pour me déplaire et témoigne d’un juste respect de la part de l’organisation.

On arrive à notre cottage où nous attendent mes amis français rencontrés il y a deux ans : Alain, Franck, Hugo, Valérie et Hans pour la touche batave locale. Seulement voilà, pas de clé supplémentaire… Hum hum. Que faire ? Seulement, tout est bien organisé ici bas et une gentille préposée du parc nous ouvre la porte de nos pénates après qu’on lui ait montré notre numéro de réservation et notre carte d’identité. Le temps de décharger la voiture et la cavalerie arrive. On se retrouve avec plaisir autour d’un petit apéro rapide et d’une lasagne micro-ondée et il déjà temps de se rendre au chapiteau pour la première partie : The Royal Cartel. Nous laissons les Frenchies à leurs agapes interminables et arrivons 10 minutes plus tard. Le show a déjà commencé mais ce n’est pas gravissime car à défaut d’avoir vraiment pu apprécier ce groupe quelque peu braillard et peu mélodique, un peu à l’opposé de nos Marillos, mon frère et moi sommes satisfaits, après 45 minutes, d’être un peu plus chauds qu’à l’arrivée et fin prêts à accueillir nos cinq compères. Juste avant le début du show, j’aperçois près de l’avant scène Christian et Stefan, deux de mes anciens room-mates suisses-allemand d’il y a deux ans et les salue avec un sourire jusqu’aux oreilles.

Sous un tonnerre d’applaudissements. C’est parti pour « Holidays in Eden » en intégralité. Après de belles images du clip Dry Land projeté sur un rideau cachant la scène et sur un fond d’intro de Splintering Heart rallongé, deux membres de l’équipe ouvrent les toiles sous une ovation redoublée. Je n’aperçois personne en place… sauf notre ami Hogarth perché dans les airs sur une partie d’échafaudage suspendue par deux cordes. Un peu avant le fameux « But not as much as this », Steve R, Mark, Pete et Ian se mettent en place et là, tout le public applaudit des deux mains, je suis enfin chaud chaud chaud !

L’album se poursuit mais j’ai un peu de mal à entendre H correctement. Le son ne me semble pas optimal et puis le public répète les paroles avec tant de ferveur et d’aplomb que j’ai l’impression à certains moments de me trouver en plein milieu d’un stade en pleine hystérie tentant de percevoir une note de George Harrison ou une syllabe de la bouche de Lennon et Mc Cartney :-)

Ravi tout de même d’entendre live des titres rares comme le titre éponyme Holidays In Eden que j’apprécie beaucoup.

How Can It Hurt (pas formidable pour ma part ; la chanson en générale et ici l’interprétation rendue) finit la première partie juste avant le premier rappel. Nos camarades reviennent et avant de poursuivre, H nous raconte, en anglais of course, la petite histoire de John Helmer, le parolier choisi par le groupe pour écrire certaines paroles avant que H ne rejoigne Marillion en janvier 1989.

L’oncle de ce dernier accumulait soit-disant les conquêtes féminines et avait pour habitude d’amener chacune d’elles au même endroit pour les prendre en photo. Il récoltait ensuite tous les clichés dans un album qu’il appelait A Collection. Très belle anecdote qui montre combien les textes écrits par Helmer comptent parmi les plus belles chansons de Marillion ; et comme par magie, musicalement aussi.

Après cette charmante ballade, arrive Man Of A Thousand Faces. Toujours un plaisir d’entendre ce morceau ; surtout pour le splendide final « Voice of command… ». Un moment magique fut produit par le public, ce soir là, car il continue d’entoner les Yeaaaah yeaaah yeaaah pendant dix bonnes minutes jusqu’au retour du groupe pour le deuxième rappel.

Là, c’est juste Mark Kelly qui apparaît pour nous rappeler que son petit jogging aura bien lieu le lendemain matin à  09h00 précises. « Rendez vous donc à 08h50… Ce sera donc le dernier morceau pour ce soir mais ne vous en faites pas, le set de demain sera plus long et tout aussi fantastique ».

Seulement 01h40 de durée. J’ai voulu lui répondre, citant ce cher Cyrano : « Ah non, c’est un peu court jeune homme,… » mais je me suis vite ravisé en me disant qu’on pouvait leur faire confiance et surtout en entendant les premières mesures du sacro-saint Invisible Man. La meilleure de toutes selon moi. Celle que j’ai écoutée tous les jours pendant deux ans à la sortie de  Marbles.

Je retrouve Stefan et Christian et les salue, leur demande de leurs nouvelles. Ils sont cette fois-ci accompagné de leurs deux charmantes compagnes… dont j’ai malheureusement oublié les prénoms. Vous voudriez bien m’en excuser. Je vois aussi un attroupement au premier rang. Les gens tentent d’attraper les setlists papier de la soirée. Je rate la première, je rate la deuxième mais je parviens, grâce à mon bras long, à m’emparer de la troisième :-)). Beau souvenir, certifié conforme, avec les bouts de scotch fourni avec le cadeau.

Ensuite, nous savourons une bonne bière offerte par les Suisses jusqu’à ce que mon frère me crie dans les oreilles : « Héééé, regarde voilà Steve !!! ». En effet Rothery était en train de se faire prendre en photo avec une horde de fans. Nous obtenons aussi notre souvenir pixélisé. Déjà aux anges, on se retourne pour apercevoir Pete, à la taille toujours aussi sarkozienne mais à l’esprit, on peut le deviner, bien plus vif. Je l’aborde en lui disant, dans le texte s’il vous plait : Hi Pete. How are you ? My brother and I have came from Belgium. Still no government but happy to be here ! Là dessus il me répond : Ah yes La Belgique (sic). It has been a while we haven’t come there. Et moi de rétorquer : Oh yes you should come back, H has lot of memories out there. A concert Marillion he gave once at the Ancienne Belgique was the hottest he has ever done. Et il finit en me disant : Yes we should, we should,… On ne sera pas fixé pour autant mais une petite photo en plus comme souvenir. Pas de très bonne qualité. Je suis vraiment maudit pour les photos quand il s’agit de les prendre avec les membres du groupe.

 

On quitte nos amis suisses en les invitant pour un apéro le lendemain vers 13h00 à notre chalet et nous quittons le chapiteau pour nous coucher et nous remettre du voyage et de toutes ces premières émotions… après avoir bien sûr recueilli l’avis des Français sur cette belle première soirée autour d’une bonne Orval (bière trappiste belge).

Jour 2

Le lever ne se fait pas trop attendre ce samedi même si nous apercevons à travers le Vélux que le temps n’est pas très  ensoleillé mais les Français sont déjà debout en train de déjeuner… de prendre le petit déjeuner (pardon… ceci dit je n’ai pas fait attention à tous les belgicismes… Merci de ne pas m’en tenir rigueur).

Après un bon p'tit dèj’, on se dépêche d’aller au merchandising vite acheter ce qui reste alors que les Français vont piquer une tête à l’Aqua Mundo, la piscine du parc.

Le merchandising est déjà pris d’assaut, on attend un bon quart d’heure avant d’être servi. On s’achète deux T-shirts officiels du weekend (taille L et XL pour les curieux). Je choisis également le DVD Cadogan Hall, les CD des trois vendredi encore non publiés : 2003 avec l’intégrale d’Afraid of Sunlight, 2007 pour TSE et 2009 pour Seasons End et les quelques chansons d’Happiness is the Road. Une mug pour Valérie et mon frère participe en achetant le « vendredi » de Montréal 2009 ainsi que deux médiators (petite précision : il ne s’agit bien évidemment pas du médicament). En sortant, on passe devant l’Adventure Factory et j’y retrouve une ambiance madeleino-proustienne de mon adolescence en jouant à un bon vieux flipper. Une petite partie avec le frangin. Pour ma part, je n’étais pas loin de décrocher une partie gratuite mais ce ne sera pas pour cette fois-ci. Le rendez-vous est pris dans deux ans. Raf s’envoie, quant à lui une partie de « Guitar Hero » sur un morceau de The Strokes. Il « rockait » bien.  Après cette nouvelle rencontre (décidément pas un moment de répit…), on va à la superette faire le plein de provisions (jus d’orange, chips, petites sèches, piles pour l’appareil photo,…) pour l’apéro.

Sur la route, à deux pas de notre refuge, nous croisons d’autres Français, des Dijonnais pour être précis. Allez, tant qu’à faire, pas besoin de discuter plus longtemps. Je leur propose d’emblée de se joindre au reste du groupe à 13h00 pour faire plus ample connaissance. Si je compte bien, on sera pas moins de 13 pour l’apéritif. Pas mal… !

Petit moment magique : Des Belges, des Français et des Suisses – la Hollande n’est pas représentée cette fois-ci car Hans a emmené son beau berger allemand faire un tour – en train de converser allègrement dans un sabir moitié anglais, moitié (vieux) français mais le plus important c’est que tout le monde dans l’assemblée se comprenne et partage sa passion marillionnesque.

Quand les « hostilités » se terminent, il est déjà 14h00 passé et il est temps de voir ce que donnent les autres activités au programme. Nos amis français font encore bande à part mais, comprenons les, un confit de canard n’attend pas.

On se rend voir ce que donne le quizz pour les fans de chez fan. On ne reste pas longtemps juste pour savoir si on peut répondre à deux ou trois question du genre : « Dans quelle ville démarrait le Les is More Tour ? » ou encore « Quels membres du groupe figure sur la même photo de la pochette L=M ? »… Peine perdue. On laisse nos compagnons à leur violon plus que dingue et on se rend au Market Dome où se déroule le Marillioke.

Le principe est simple : Le Web UK proposait aux volontaires de s’essayer à l’interprétation vocale de chansons reprises sur les CD « Tumbling Down the Years » et « Size Matters ».  Instants forts émouvants avec « Out of this World », « Neverland », « Quartz » et un mignon petit couple avec « Invisible Man ». Dommage que leurs paroles n’étaient pas tout à fait synchro avec la musique. Qu’à cela ne tienne. Les applaudissements et les encouragements étaient là et bien là.

Après toutes ces émotions diurnes – en attendant d’autres plus nocturnes – la fatigue commence à se faire un peu sentir. Une petite sieste s’impose donc. Retour au cottage s’allonger quelque temps avant les festivités de la soirée. Ensuite, un mix macaroni jambon-fromage et lasagne pour tenir le coup jusqu’aux petites heures. Nos colocataires panaméens mangent, une fois de plus, de leur côté. Quels goinfres ces gens-là ; comme s’ils n'en avaient pas eu assez avec leur confit…

On arrive à point nommé au chapiteau pour la première des deux premières parties avec Pete et son ami Robin et leurs morceaux à deux guitares très sympas sans chanteur mais entrecoupés de commentaires très marrants vantant leur fameux EP en vente au merchandising. Ensuite arriva le groupe américain Sun Domingo. Un groupe dont je m’étais procuré le CD studio « The World’s Alive » via Racket Records mais qui, pour ma part, ne m’avait pas transcendé, honnêtement. Un sentiment un peu renouvelé ce soir-là avec des protagonistes plutôt beaux gosses, ok pour les nanas ça aide, mais j’ai surtout relevé leur manque de charisme. Je ne peux pas tellement décrire ce que j’ai entendu tant c’était… plaisant et commun sans plus mais cependant beaucoup plus audible que leurs confrères de la veille.

20h30 : Il est temps de passer aux choses sérieuses. Le programme mentionne Marillion « A-Z ». Super, au moins vingt-six morceaux au programme. Ca promet d’autant qu’il y a du retard à rattraper avec le set assez court de la veille. C’est parti avec Asylum Satellite #1. Étrange de commencer avec une chanson pareille. J’aurais plutôt misé sur un « Accidental Man » ou encore, plus secrètement sur « Assassing ». Mais bon là je pouvais toujours espérer. Vient ensuite Born to Run, une petite balade bluesy bien sympa mais bon pas leur meilleure à mon avis.

Rassurez-vous, je ne vais pas vous égrainer tous les morceaux d’autant que ce cher Christophe et les autre membres du forum ont fait preuve d’une audace sans pareille, que je ne vais pas tenter de surpasser dans cette chronique, à savoir de mettre en ligne la liste des chansons ce soir-là. Je vais quand même mentionner quelques-uns de mes coups de cœur et autres surprises. La première fut « de taille ». Une nouvelle chanson : « Intermission », titre on ne peut plus original… Juste pour la déconne et pour le lecteur non averti de voir le titre écrit en gras. Mais ça nous en fait quand même « que » vingt-cinq.

Le retour sur scène revient avec une vraie surprise, du moins je le croyais, avec Jigsaw mais qui faut le dire a laissé le public assez « puzzled » (perplexe en anglais),… c’est le cas de le dire. Certes, le morceau est sympa et l’autre et unique possibilité était de nous jouer « Just for the Record ». Surtout, H aurait pu la chanter au lieu de se planquer en coulisse écoutant le public l’interpréter à sa place. Bien essayé de la part du groupe mais erreur et maladresse car même si une convention Marillion regroupe les fans de la première heure, il ne faut pas exagérer, cette chanson ne fut plus chantée depuis des lustres et à part une pincée d’acharnés, ce fut un petit four. Heureusement vite oublié avec le King H de retour soulevant sa chère guitare toute rose – sa couleur préférée – d’une main.

Deux ou trois petits riffs plus tard, se concretisa un de mes souhaits les plus chers pour cette édition : The Only Unforgivable Thing. N’ayant pas été de la partie en 2005, je n’eus jamais l’occasion d’entendre cette rareté jouée live. Cette petite pépite discrète mais aux carats ô combien inestimables.

La chanson suivante est elle aussi un joyau dans la discographie du groupe. Pseudo Silk Kimono entamant un des meilleurs albums produits par le groupe. Pour l’occasion, l’équipe en charge des lumières nous envoie deux belles nappes de lasers vert-émeraude coïncidant parfaitement avec la texture du morceau. J’en profite pour préciser que la partie « Lights » du décorum fut une belle réussite pour les trois soirs du week-end.

Ah mes amis !, le menu est copieux et appétissant ce soir. Après du Quartz et du Release, que diriez vous d’une ou deux souris en pâte à sucre (Sugar Mice). Pas de problème, le dieu vivant Rothery nous en a servi à profusion rien que pour nous. Un classique du groupe qui n’a pas pris une ride pour le bonheur du public ce soir-là qui, cette fois-ci, n’eut aucune peine à se souvenir des paroles.

Où en étais-je dans ma sélection ? T, U, aaah V comme A Voice from the Past, une chanson qui plait à toute la fratrie Van Bunnen ; Gilles (que vous commencez à connaître), Raphaël et aussi à Gabriel – qui n’était pas là cette fois-ci pour des raisons futiles dont je vous ferai grâce – qui ont découvert « Somewhere Else » en même temps que leur plaie de grand frère qui les força nuit et jour pendant de longues années à écouter du Marillion retentissant dans toute la maison familiale jusqu’à ce qu’ils daignent m’accompagner à quelques concerts.

J’en viens ensuite à la lettre X, comme le groupe XTC, apparemment cher à certains membres du groupe comme le montre la page de leurs albums préférés. H appelle à la rescousse Dave Gregory dont j’avais pu apprécier la performance sur l’excellent album live du H Band : Spirit & Body. Un gars à l’apparence très sympa qui pendant l’intro de la chanson choisie, « Senses Working Overtime », nous fait un petit pas à la Riverdance, assez original. Chanson très chouette et une fois de plus très bien appropriée par Hogarth.

Connaissant le répertoire du groupe quasi par cœur, je me demandais ce qu'ils allaient nous servir comme Z vu qu’aucun titre passé ne commence par cette lettre. Le pied aurait été qu’il nous serve en guest star Eric Zemmour voire, pourquoi pas, Zahia mais je rêvais un peu trop sans doute. Qu’à cela ne tienne, Pete nous avoue que le groupe avait réfléchi à composer une chanson exprès pour l’occasion, ce que j’aurais trouvé tout à fait génial car il faut bien le dire, le manque de nouvelles composition à l’occasion de cette convention me laissa quelque peu sur ma faim. « Less is More » est quand même sorti depuis octobre 2009 et ça commence à dater quelque peu mais bon on se contentera de Zeparated Out (mix entre « Black Dog » et « Kashmir » de Led Zeppelin et le morceau bien pêchu d’Anoraknophobia).

Soirée avec pas mal de surprises même si je pense que c’était la moins bonne des trois sur le plan équilibre. Prendre tout l’alphabet n’est pas une mince affaire et relève parfois du casse-tête cornélio-chinois. Le choix est quelque fois plutôt réduit et les transitions se sont parfois révélées surprenantes. Néanmoins, on peut relativiser avec l’arrivée de petits morceaux oubliés et très agréables de l’album « Happiness is the Road » comme Especially True et Half the World.

Aaah, ça nous a bien creusé ces quelques cinq heures – première partie comprise – à rester debout. En route pour un bon cheeseburger – frites au Market Dome car me concernant : « Qui dîne, dort bien ».

Jour 3

Déjà le dernier jour de ce fabuleux week-end pointe le bout de son nez mais ce n’est pas une raison pour ne pas en profiter… Au contraire. D’autant que le temps maussade du samedi a laissé place à un beau ciel bleu. Après un petit dèj tous ensemble, on prépare nos maillots et nos serviettes de bains pour nous rendre à la piscine ou plus exactement à l’ « Aqua Mundo », petit parc aquatique tropical, idéal pour faire le bonheur des petits et des grands avec son eau à température très agréable, ses toboggans, son jacuzzi...

Belle manière de se requinquer et se mettre en forme pour cette belle journée chargée qui nous attend. A 13h00, c’est au tour de nos nouveaux compagnons dijonnais de nous accueillir dans leur cottage. Raphaël va, de son côté, faire un tour au « Marillion Museum » pour me rejoindre ensuite chez eux. Nos chers Bourguignons ne nous ont pas attendus, le pastis et les bières sont déjà sur la table. Nous en profitons pour échanger nos impressions sur le concert de la veille (le Jigsaw un peu foireux,…) mais pour ne retenir globalement que le meilleur. Sébastien, un ancien du Web France, nous conte son passé Marillion avec une verve et une passion très touchante: comment il découvrit le groupe un jour de 1989 en se rendant à la Fnac où l’on pouvait encore voir des CD de Marillion sur les étalages bien en évidence – EMI Records oblige – ainsi que ses aventures avec le fan club français… dont je vous épargnerai les détails afin de ne froisser personne. La bonne humeur est présente et un déplacement du « Dijon Football Côte d’Or » pour une rencontre au sommet avec le « FC Brussels » est déjà évoqué.

Notre apéro-dîner terminé, nous prenons congé pour nous rendre sous le chapiteau en vue d’assister à la finale du Quiz et au « Swap the Band ».

La final du Quiz permet de ravir quelques privilégiés incollables sur l’histoire du groupe. Un fan voyant Rothery arriver sur la scène, est tout décontenancé et lui glisse un sincère : « When I meet God ». Cette fois encore, le groupe remporte la partie d’une courte tête : 23 à 22 points si ma mémoire est bonne.

Vient ensuite le fameux Swap the Band. Une première pour moi car pour la convention de 2009, le groupe avait fait l’impasse. Le principe est simple : le groupe joue trois ou quatre morceaux en cédant la place à un ou deux fans sur chaque chanson. Au programme : « The Party » avec un nouveau bassiste, « Quartz » avec un italien coiffé à la Sébastien Chabal, la carrure en moins, « Deserve » avec un saxophoniste donc exit la batte de cricket fétiche de H et enfin « Kayleigh » fut jouée par un jeune guitariste au physique un peu « geeky » mais au toucher remarquable. Du bon boulot. Pas une fausse note au programme. Je ne fus pas déçu. Amuse-gueule idéal pour le dernier soir.

Ensuite Mark s’avança vers le micro pour expliquer le principe d’une nouvelle expérience que le groupe voulut tenter cette année : « Merci de bien vouloir préparer vos caméras et vos téléphones portables bien équipés. Choisissez un angle de vue déterminé et n’en bougez pas. Nous allons jouer Cannibal Surf Babe. Nous vous indiquerons en temps utile, l’endroit où vous pourrez uploader votre vidéo pour que nous puissions en monter quelques-unes et vous concocter un vrai petit clip artisanal. » Assez marrant de constater que l’ère numérique est aujourd’hui en pleine expansion en voyant cette multitude de gadgets sortir des poches d’un grand nombre de fans pour immortaliser eux-mêmes la prestation de leur groupe fétiche. Pour ma part je n’avais rien de valable sous la main…

Après ce bel après-midi, nous saluons nos collègues suisses-allemands qui étaient de nouveau au premier rang ; où diable trouvent-ils toute cette énergie pour faire ces files interminables ? Car mon frère et moi commençons déjà un peu à accuser le coup. On se dépêche de rentrer chez nous pour piquer une petite sieste avant de s’envoyer un bon spaghetti bolognaise histoire d’être bien fit and well pour l’apothéose de ce soir.

Arrivé un peu avant pour ne rien rater de cette dernière première partie, nous trouvons une bonne place debout pas trop loin de la scène pour assister à la prestation de Tin Spirit. Dave Greggory est de retour avec son groupe pour nous interpréter de belles reprises avec entre autres « Back to NYC » de Genesis et « Tom Sawyer » de Rush. Pour moi, ce fut la meilleure des premières parties avec d’abord un groupe très sympa, typiquement british et surtout très à son affaire avec un batteur génial nommé Doug Mussard. Pour les gens intéressés, le CD vient d’être mis en vente sur le site du groupe.

Et voilà, le dernier show est déjà là. Lucy, la manager du groupe arrive sur scène pour introduire le thème de la soirée : « The Glow Must Go On »  (la lueur doit se poursuivre). Tout le monde aura remarqué le jeu de mot avec la célèbre formule. Le public pourra voter entre deux chansons proposées. Celle qui sera jouée sera celle qui remportera le plus de suffrages. Pour « éclairer » le groupe sur sa décision, des petits tubes phosphorescents sont distribués dans le public qui les agitera dans les airs pour sceller les votes de la belle et grande famille.

Cette soirée fut, pour mon frangin et moi et sans doute pour beaucoup d’autres fans présents, la meilleure des trois malgré tout de même certains petits pépins techniques. Incroyable comme Marillion arrive à puiser dans leurs réserves pour nous livrer une prestation digne de ce nom. Beaucoup de moments furent très émouvants pour moi. Je pense notamment à la partie consacrée à l’album « Brave » avec la fameuse suite si rare mais si belle et, qui plus est, complète : Goodbye to All That / Slide / Mad / Opium Den / The Slide / Standing in the Swing avec H troquant ses habits « civils » contre la fameuse soutane et le petit bouquet de rose remis par la timide Stéphanie Bradley pour la belle chanson titre : Brave. Dès les premières notes, les larmes me sont montés aux yeux. J’aurais sans doute pleuré comme une madeleine si ce foutu guitar tech n’avait pas oublié de branché la guitare de « Dieu » pour sa partie. Arrrgggh ! Ok tout le monde peut avoir un pépin mais à ce niveau, c’est tout de même regrettable. Heureusement, ce qu’il y a de génial avec ces Marillos c’est que quoi qu’ils leur arrivent, ils réagissent toujours avec décontraction et humour sauf quand ça se passe pendant presque tout un concert (cf. le dernier passage au festival de Lorelei).

Mais ce ne fut pas le dernier petit « couac » malheureusement, car lorsqu' arriva le fabuleux This Strange Engine, un jeune petit ket d’à peine 18 ans essaye d’arracher la batte de cricket de H au moment où il en a besoin. Je suis d’accord que les voyages en Hollande puisse former la jeunesse anglaise mais le jeune adolescent, cela dit très enthousiaste, n’était visiblement pas encore mûr pour servir de tech à H. A l’avenir, je pense que Steve ferait mieux de séparer un peu plus le boulot et la famille.

Le reste de la setlist, que vous connaissez tous déjà par cœur j’en suis sûr, compte les plus beaux classiques du groupe tels que The Great Escape, Out of this World et le « sacro-saint » Neverland. Pourquoi entre guillemets, me direz-vous car pour moi, c’est une bonne chanson mais qui ne m’a jamais transportée, loin s’en faut. Cela dit, je savais que le groupe ne pourrait pas ne pas la jouer mais je fus ravi qu’elle ne clôture pas, une énième fois, le concert pour marquer de son empreinte l’apothéose ultime et le retour aux loges de nos chers comparses depuis déjà sept ans maintenant. Happiness is the Road lui succède donc à cette illustre place avec, en prime, le beau feu d’artifice de confettis dans le chapiteau.

La soirée se termine, SNIF mais on ne déchante pas pour autant. On compte en profiter jusqu’à la dernière minute. Les choses dans l’ordre : tout d’abord se désaltérer un bon coup après ces émotions avec une bonne pinte de Pils (chut ! chut ! pas de marques… même si elle est belge) avec nos amis suisses et en leur souhaitant le meilleur pour la suite. A la sortie, on tombe sur nos camarades dijonnais tous guillerets de leur journée très éthylique. On rentre clopin clopant vers notre chalet se mitraillant les uns les autres avec nos appareils photos respectifs. Une bonne vingtaine de minutes plus tard et après s’être dit au revoir les larmes aux yeux, on rentre discuter avec les Parigos autour d’une bonne chope. J’en profite pour « piller » la discothèque numérique de Hugo à l’aide de mon disque dur externe. Une belle soirée pleine de nostalgie, de « couleurs », de « sons », de fous rires qui résument à eux seuls l’ambiance de ce weekend mémorable.
Le lendemain matin, on ne se lève pas trop tard, il faut en effet avoir quitté les lieux pour 10h00. On reprend la route qui s’annonce moins embouteillée que pour l’aller mais qui sera presque aussi longue vu qu’on trouve le moyen de se paumer. Il faut aussi préciser que les panneaux indicateurs ne sont pas d’une grande précision et comme nous n’avions pas de GPS… Il faudra un de ces jours que je m’adapte au monde moderne. On arrive en Belgique et on commence tout doucement à retomber sur Terre surtout lorsqu’on entend les dernières nouvelles en provenance de Lybie et du Japon. Trois jous sans Internet, ni TV, ni GSM, … ça fait du bien mais le retour à la réalité n’en est que plus rude.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin comme ce récit. J’espère qu’il vous a plu. Merci en tout cas de l’avoir lu jusqu’au bout. A bientôt sur le forum pour d’autres aventures autour de Marillion.

May the Marbles Roll Forever and… EVER !


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