Nice >>> Théâtre de Verdure >>> 18 avril 1994

Report & photos par Lolo


Arrivé devant le theatre de verdure àenviron 14 h 30, de nombreux fans sont déjà présents. La journée est radieuse. Le soleil frappe sur Nice. Un van blanc est garé devant la salle, par les fenêtres on aperçoit un monticule de packs de bière... Soudain, la porte s'ouvre et Mark Kelly en veste de cuir marron en sort, suivi de Ian Mosley ! Ils se dirigent vers la salle et quelques minutes plus tard, le soundcheck commence...

Ouahou ! Alone Again, Made Again, Slainte Mhath et même Waterfront des Simple Minds sont répétés ! A la fin du soundcheck, le groupe au complet sort de la salle pour signer des autographes et prendre des photos. Le concert s'annonce déjà, pour moi, comme innoubliable. Les heures passent et nous entrons dans la salle, qui est une sorte d'immense arène creusée dans le sol. Elle possède une grosse capacité et permet d'avoir une excellente vue sur la scène... Néanmoins, on se positionne devant, pour ne rien manquer. Les lumières s'éteignent vers 20 h, c'est John Wesley qui ouvre le concert. Seul avec sa guitare, il met le feu, et sur son dernier titre, Biko (reprise de Peter Gabriel ), la salle l'acclame.

La lumière ne se rallume pas et une musique planante s'échappe des hauts parleurs (River), nous sommes plongés dans le noir et les projecteurs balaient la salle au rythme de cet langoureuse musique. L'ambiance est étrange et tout cela suscite la curiosité... trois grands écrans, positionnés en fond de scène s'allument et projettent des images ainsi qu'un texte (que j'ai oublié), puis soudain, l'intro de Splintering Heart se fait entendre et là, les 2 500 personnes présentes hurlent de joie...on sent l'adrénaline monter.... Puis... ça y est, c'est parti, le groupe monte sur scene (hormis h), c'est le délire dans la salle, Mark Kelly et Rothery démarrent Bridge...

Les nappes de synthé sont épaisses et le son de guitare de Steve Rothery rappelle celui d'une usine... L'ambiance devient réellement étrange, là, je vous assure, on comprend que cette soirée sera bien plus qu'un simple concert... h entre en scène, la salle explose littéralement, c'est assourdissant ! Il arrive habillé en prêtre anglican, la candeur du public s'arrête rapidement, pour faire place à un profond silence (étrange pour un concert de rock)...

La concentration du groupe est palpable, et les nombreux fans sont intrigués ! h chante les mots de Bridge, on se croit réellement dans une messe tant par sa tenue que par ses postures de prêtre. C'est bouleversant. Le light show est énorme, moderne et très en avance sur son temps. On comprend alors que ce show va avoir une profondeur musicale, humaine et scénique hors norme.... On assiste à un opéra "gothico-rock".

Entre chaque titre, le public salut ardemment la performance du groupe qui ne laisse rien transparaître. Tout est parfait. h change de costume quatre fois durant le show. Sur runaway, un bouquet de tulipes à la main, sur Goodbye to All That, il joue à réfléchir la lumière sur son public avec un miroir puis se maquille d'une manière violente et brouillone... Là, on sent qu'il entre dans son personnage (et nous, les 2500 fans, on rentre dans cette sombre histoire en silence, on a presque peur de dérange,r ah, ah, ah), il parait totalement fou et drogué, l'identification est parfaite... Je vous assure que c'est poignant (surtout lorsque l'on ne s'attend pas à cela) !

Le light show appuie la précision du jeu de scène... C'est un film en direct. Puis arrive Hard as Love, les lumières se veulent plus chaleureuses (ça détend), des couleurs rouge, jaune, orange. Steve arrive avec sa guitare rouge et est un peu plus cool... Sur la fin, cette chanson voit h se faire enlever par trois personnages vêtus de noir, il (le personnage) se débat mais finit par céder (quitter la scène)... Ouf, c'est vraiment bon ! Je ne vais pas m'attarder sur toutes les chansons car il me faudrait la nuit, et j'imagine que la plupart d'entre vous possède le DVD Brave live 2002 (entre nous, le concert auquel nous avons assisté ce soir là était 1000 fois supérieur à celui de la convention, car beaucoup plus scénique, plus de moyens et plus précis).

A la fin de The Great Escape, la salle explose ! h ne peut pas en placer une. L'ovation dure 10 minutes. C'est l'hystérie dans la salle, le groupe semble surpris et heureux d'être là. h, ce soir là, à Nice, a gagné son pari, et a définitivement reçu ses lettres de noblesse. Il a completement fait oublié le "faux pas" Holidays in Eden. Des fans de la première heure étaient venus voir par curiosité... Ils sont repartis sur des brancards... Non, je plaisante, ils ont tout simplement conclu en disant que c'était le meilleur concert de Marillion, et que h était ce soir là aussi grand qu'un Fish de la meilleure époque voire même bien meilleur !

Made again conclut cette première partie de concert sous les applaudissements d'un public rassuré, ébahi et subjugué par ce qu'il vient de voir ! C'était UNIQUE ! LE CONCERT LE PLUS DEROUTANT AUQUEL J'AI PU ASSISTER.

Le groupe remonte sur scene et h fait hurler "Pai,ai,ai,ai,ain !" au public en délire... qui hurle "bêtement" de bonheur, on reprend à l'unisson ce que hurle h puis... Steve Rothery démarre Cover my Eyes... Alors là, l'ambiance de la salle déjà excellente (mais tendue de par le concept de Brave) Devient SURREALISTE. ! C'est COPACABANA. Les fans hurlent, dansent, sourient... sont heureux, et renvoient une énergie folle au groupe qui prend son pied aussi.

Les rappels font la part belle à des titres plus directs et énegiques : Cover my Eyes, Univited Guest, Slainte Mhath, Garden Party, Hooks in You et j'en passe... Le concert se termine par un tonnerre d'applaudissements, des fans et un groupe exténués. Les fans mettront beaucoup de temps à quitter le théâtre de verdure. Terrassés par ce curieux et extrêmement original concert de rock. On est tous conscients de ce à quoi on vient d'assister. Les gens ont été SURPRIS ET IMPRESSIONNES. Tous les visages traduisent la joie et les commentaires sont plus qu'élogieux...

MERCI MARILLION. Après cela, plus aucun concert n'a eu la même saveur. C'était mon premier concert. J'en suis encore marqué.


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