Happiness On The Road - Paris - Olympia >>> 16 février 2009

par Christophe Demagny


http://www.olympiahall.com - http://www.royalartistclub.com/marillion/

Marillion à l'Olympia ! Tout est là, ou presque. Une affiche de rêve, un lieu mythique qui a vu défiler les artistes les plus importants depuis la fin des années 50. L'arrivée dans le lieu est à la hauteur de sa réputation. Côté rue, déjà. Les lettres lumineuses ! Un large et long couloir dans son écrin rouge avant un hall imposant, chaleureux et accueillant. La salle, d'une capacité de 2500 places (quasi pleine ce soir) est à la hauteur. Parfaitement rénovée. Le balcon est suffisamment proche de la scène pour que tout le monde se sente concerné.

Alors bien sûr, on pourra toujours rétorqué que ce n'est pas la seule bonne salle de la ville, que le Bataclan ou la Cigale possèdent un charme un peu plus vintage, que les droits de captation demandés pour enregistrer ou filmer sont indécents, tout comme le coût de la location de la salle, que demander 25 % du marchandising vendu est du vol (le groupe refusa donc d'en proposer ce soir-là), heureusement que tout le monde ne fait pas ainsi (bien vu h le petit speech moqueur en fin de concert, adressé aux organisateurs grands et vils manitous du bizness), que le personnel gagnerait à être plus aimable et souriant, que le bar pourrait rester ouvert un peu plus tard, pour la convivialité, pour ne pas rompre trop rapidement la magie, et surtout qu'il ne s'agit pas véritablement de la salle légendaire puisque cette dernière fut démolie pour une reconstruction à l'identique un poil à côté. Oui, petit carton rouge à l'Olympia pour tout ça.

Il n'empêche. Le symbole est là, bien présent, dans la tête d'une foule en extase venue de partout. Marillion n'y rejouera peut-être pas mais ILS l'ont fait ! Et avec quel panache, quels classe, sensibilité et succès. Il faut ce genre d'événement, sortir de la routine. Un spectacle qui aura aussi sûrement rameuté et ravi quelques anciens fans. Soyons-en assurés.
Et une sacré occasion personnelle de rencontrer encore d'autres forumers croisés virtuellement au quotidien depuis des années. Inutile de dire que cela ajouta sérieusement au bonheur de la soirée. Rendez-vous incontournable, même le grand tonton Zézé était de la partie.

C'est Marillion, c'est l'Olympia et c'est la dernière date de la tournée "Happiness On The Road" ;o)

Avant même le début du concert, les regards sont braqués sur l'imposant écran qui prend tout le fond de scène ! Gigantesque, les projections s'en trouveront magnifiées, les clairs-obscurs densifiés. Même Mark n'aura de cesse de les contempler du coin de l'oeil. Le combo en profite ainsi pour ressortir quelques micro-caméras rescapées de la tournée Marbles. L'effet final, pour ne citer que cet exemple, public dans le dos, sera inoubliable. Forcément, en contrepartie, cela prendra la place de certaines animations (durant "Mad" ou les projections de "Happiness Is The Road" en fin de concert).

"Dreamy Street" / "This Train Is My Life". L'entrée est classique et déjà, l'ambiance est électrique. Le public hurle durant plusieurs minutes. Le groupe est sidéré, ne s'attendait visiblement pas à une telle ambiance. Paris a toujours été particulier pour Marillion mais ce soir, c'est clair, c'est exceptionnel. Mark gardera un franc et large sourire durant tout le concert, Pete multipliera les bonds et h n'en finira pas d'exprimer sa gratitude. La sortie de scène, au bout de plus de 2h20 n'en finira pas, les musiciens bras dessus-bras dessous. Cette ovation initiale fut vraiment incroyablement spectaculaire. Si ce concert ne restera peut-être pas comme le tout meilleur que j'ai vu (mais quand même pas loin), l'ambiance risque de demeurer à jamais comme la plus saisissante et excitante. Chacun savait visiblement pourquoi il était là, pour rendre le moment unique et référentiel ;o)

Le set, en cette fin de tournée est absolument parfaitement maîtrisé ! Inutile de chercher la petite bête, c'est du très grand art. Quelques petites modifs de setlists tout de même mais la base a fait ses preuves. Un son parfait, Rothery dans les étoiles (même si l'homme paraît physiquement éprouvé), h en très grande forme, quelques faiblesses n'apparaîtront que pour le morceau-titre du petit dernier. Pas de "Nothing Fills/Woke Up" pour cette fois mais une doublette magique. "The Other Half", c'est bien simple, devrait rester comme un titre rigoureusement indispensable en concert. Absolument irrésistible, puissant et contagieux. La seconde partie du titre est simplement magique. La montée "I am with you all the time now" provoque une extase incontrôlable qui prend au coeur et aux tripes. Un hymne ! "Essence" (que j'attendais avec impatience car pas joué à Lyon - si vous entendez un "merci" à la fin du titre... c'est moi !) est bien plus délicat. Nos gaillards sont concentrés et le rythme a bien du mal à se mettre en place, surtout sur le final pourtant magique en studio. Ian semble un peu aux fraises. A revoir.

"Fantastic Place" est symptomatique du seul bémol que j'apporterais à la soirée. Car si le show fut total et mémorable, quelques morceaux ne firent pas naître une magie complètement similaire à l'émotion contenue du concert de Lyon, par exemple. Peut-être est-ce dû à un effet de surprise inférieur (vraie problématique de voir plusieurs concerts d'une même tournée), impression toute personnelle, je le concède. h ne s'agenouillera d'ailleurs pas durant "Out Of This World". On sentait la réussite du concert ailleurs, dans une fête de tous les instants mais portée par un public toujours parfaitement recueilli durant les multiples instants de grâce. Le sequencing fut d'ailleurs très légèrement discutable sur certains points. Le pourtant très réussi et contrasté "Thunderfly" par exemple est bien mieux à sa place avant qu'après "Out Of This World", ce qui nous priva du dramatique enchaînement d'avec "Mad", point de bascule des concerts du cru 2008/2009. Comme chaque soir, le show se densifia encore à partir de cet instant. Tout ceux qui ont vécu sur cette date ou une autre ce moment savent de quoi je parle. "Mad" / "Great Escape" / "Real Tears For Sale" (décidément un sacré bon titre) / "Asylum Satellite #1" (son solo prenant et scotchant). La transe ! Public et groupe en communion. Rare et divin. "Neverland" et "The Invisible Man" sont inversés, modifiant encore un peu ce saint enchaînement historique. Ce dernier titre nous fit découvrir de nouvelles projections citadines à partir du passage "Amsterdam". Magnifiques pour un premier rappel qui liquéfia l'assemblée. Les superlatifs pleuveront, à n'en plus finir.

Chaque groupe doit toujours rêver de finir une tournée sur un point d'orgue, un immense succès, un truc hors du commun, "de fou" comme on dit. Le groupe, comme nous, a du être comblé, sûrement même plus que de raison.
h est ailleurs. Et voilà t-y pas qu'ça lui reprend ! Notre homme grimpe sur la sono durant le libérateur "Happiness Is The Road". Risquant sa vie, et la nôtre par procuration, inconscient. Des risques. Du bonheur en cours. Nous sommes tous ailleurs.

Chronique d'un succès attendu et d'un concert qui restera dans les annales.


Setlist:

Dreamy Street
This Train Is My Life
The Other Half
Essence
Fantastic Place
Estonia
Out Of This World
Thunder Fly
Mad
The Great Escape
Real Tears For Sale
Asylum Satellite #1
Neverland

The Invisible Man

Three Minute Boy
Whatever Is Wrong With You
Happiness Is The Road


photos par FrancK:


photos par Ritsuka:

photos par Denis:


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