Paris / Elysée-Montmartre >>> 14 septembre 2004

par Lothian

[ photos par Lothian, Dimitri Roux et Stéphane Hournau ]

>>> photos >>>

Le "before show" :

Après avoir passé la matinée à vagabonder dans Montmartre, visité le Sacré Coeur etc..., je descends vers le bd Rochechouart où se trouve L'Elysée Montmartre. Je repère les lieux, il est tôt, environ 14h, il n'y a personne à part un camion de matos quasiment vide. Je pars donc visiter les parages et remonte ainsi jusqu'à Pigalle en passant devant d'autres salles mythiques comme La Loco, La Cigale, le Moulin Rouge, pour ne citer que celles-ci. Je flâne ainsi une bonne heure, et revient doucement vers l'E.M.

Ah, il y a quelques personnes, 5/6, qui attendent au soleil. Il fait une journée magnifique. Comme je meurs de soif, je m'installe dans un café à 2 pas de la salle, puis je retourne vers l'entrée de la salle histoire de jeter un oeil aux gens qui attendent. Aux conversations, ce sont des aficionados, des vrais, des durs. Je suis là depuis à peine cinq minutes, quand une des filles se lève et s'exclame : c'est lui ! Je me retourne et effectivement voici l'ami H qui traverse la rue, tranquillement avec une nana, une française. Bien évidemment il est stoppé par les quelques personnes présentes, échanges de poignées de mains, de bisous même (pas moi, j'ai pas osé !), photos. Il se prête à tout ça avec une gentillesse et une bonne humeur qui me laissent coite. Ce n'est donc pas une légende ! Il entre...

Dans la demi-heure qui passe suivront, I Mosley, qui, lui, file comme une fusée en marmonnant bonjour (timide ou un peu sauvage le monsieur ?), puis P Trewavas, adorable, qui se prêtera en souriant à une séance photo. Les deux autres (M Kelly et S Rothery) sont déjà à l'intérieur depuis longtemps m'apprend une personne.
Nous allons bien profiter du soundcheck car les portes de la salle et de l'entrée sont ouvertes et il n'y a personne pour bloquer le passage. Surprenant. Sont pas parano pour un brin les mecs. Du coup, les langues se sont déliées, je fais connaissance avec les gens autour de moi et apprends qu'une des filles (qui habite Strasbourg) en est à son 4ème concert : Mulhouse, Toulouse, Bruxelles (la veille, où le groupe, dit-elle tenait une forme olympique et a donné un show de 2h30 de toute beauté ! Coool, voilà de bonnes nouvelles) et donc Paris.

A un moment tout le monde se tait quand "The Space" dévale les escaliers et envahit le trottoir ! La voix de H, toujours aussi magique malgré la distance, me donne la chair de poule. Wouah, un beau moment. Bref, d'anecdotes en anecdotes, le temps passe et à 19h les portes s'ouvrent pour de bon.

Le concert :

Il commence avec un brin de retard, vers 19h50 au lieu de 19h30. Rien de tragique. Comme à Montpellier, la 1ère partie est la version commerce de "Marbles". Ils entrent les uns après les autres sous les ovations de la foule. Je suis super bien placée, légèrement décalée par rapport au micro, j'ai juste deux personnes devant moi et qui ne me gênent pas. Pleins feux sur la vedette (à Montpellier je n'avais quasiment rien vu) !!!

H arrive, le niveau sonore dans la salle monte d'un cran. Habillé comme à Montpellier, en noir avec les petites lunettes, il attaque par "The Invisible Man", il est effectivement très en voix. Par contre, très vite on se rend compte qu'il y a des soucis techniques.
Malgré tout, il chante sans interruption et de façon superbe cette belle chanson et là surprise, alors qu'on attend le "Marbles I", le voilà qui discute avec P Trewavas et se lance sans filet sur "Bell in the sea".. Allo, allo ?? Que pasa ? En regardant un peu à droite, j'aperçois M Kelly à genoux avec un technicien sous les claviers.

C'est eux le souci majeur. La chanson se termine et le déroulement de "Marbles" reprend. Visiblement Kelly a résolu ses problèmes. Alors, une chose que tout le monde note rapidement, le groupe est d'humeur joyeuse, voire mutine en ce qui concerne notre ami H. Du coup, l'atmosphère ne sera pas du tout la même qu'à Montpellier.

Au lieu de se prendre la tête avec les multiples soucis techniques qui émailleront cette partie du concert, ils le prennent du bon côté et se donnent à fond pour rattraper le coup. H par exemple, une fois débarrassé de sa veste noire, s'amusera à déboutonner sa chemise (pas complètement quand même) façon strip-tease avec l'oeil qui frise et un grand sourire aux lèvres. Il fait l'andouille au piano. Au fait, son doigt est guéri, donc cette fois pas d'envolée de fausses notes à cause du pansement. Il discute avec nous, donnera la genèse d' "Angelina" en plaisantant.


Il y a eu un truc plutôt drôle pendant qu'il chantait "Drilling Holes". A un moment, dans la chanson, il parle de reprendre du thé et tout à la fin du couplet il susurre : "two sugars for me". Il y avait effectivement une tasse avec soucoupe et petite cuillère sur le piano, qu'il prend en main arrivé à cette partie de la chanson, et je ne sais pas si ce sont les problèmes techniques qui ont stressé les techniciens, mais il n'a pas eu le temps de finir qu'un gars a littéralement bondi sur lui pour lui prendre la tasse des mains ! Ne sachant pas quoi en faire, il la redépose sur le piano, sous le regard un peu interloqué de H qui finalement éclate de rire et rate la reprise de la chanson... et squizze par la même occasion les 2 sucres !

On arrive à "Neverland" : H attrape le micro, prononce un demi mot, s'arrête et regarde derrière lui, visiblement les claviers et d'autres trucs sont complètement en rade. Cette fois le groupe, un peu désolé, sort de scène pendant que le ballet des techniciens reprend sur la scène. C'est vraiment le bronx !!!
Le public très compréhensif patiente en discutant. L'arrêt dure environ 10 minutes. Le groupe revient, H s'installe au micro, fait mine de se passer une corde autour du cou et de se pendre, avec le sourire mais quand même…
Alors que tout le monde attend "Neverland", il attaque avec "Go !" !!! Visiblement le groupe reprend sur la partie best of directement. Bon, on aura donc droit à la set list suivante (dans le désordre et je pense complète parce que malheureusement fort courte) : "Waiting to Happen" superbement interprétée, "Three Minute Boy" tout au piano, un "Rich" complètement déchaîné, idem pour "Between You & Me", "The Damage" et (YEESSSS !!!) "Neverland" !

Dans la foulée, il y aura 2 rappels, j'ai oublié le 1er et le concert se conclura sur un "Cover my Eyes" dément ! On sent que le groupe se donne à 200% pour rattraper les faiblesses techniques.
H est partout à la fois, nous fait chanter, s'amuse avec la caméra, improvise, les 2 guitaristes sont à l'affût de ses gestes pour savoir à quel moment reprendre, c'est assez drôle de les voir comme ça l'oeil fixé sur lui. Malgré tout le set est écourté d'une demi-heure par rapport à la veille.

J'ai aussi noté un truc, ça m'est revenu plus tard, H n'a même pas présenté le groupe. Bon ce n'est pas vraiment nécessaire, mais ça se fait en général, par principe. On sent les gens un brin déçus, bon, 2 heures c'est déjà bien... Et, honnêtement, avec tous les ennuis qu'il a eu, le groupe s'est tellement donné que franchement, je trouve ça un peu mesquin de leur taper dessus comme le font les quelques connards que j'entend à droite et à gauche !

L'after show :

Bref, j'erre un instant dans la salle à la recherche des filles que j'ai rencontré plus tôt et les retrouve finalement dehors. Et là, moi qui n'ai JAMAIS fait un truc pareil, je décide en compagnie d'une autre d'attendre la sortie du groupe. Ben ouais, j'avoue et SANS HONTE, j'ai joué les groupies comme jamais.

En plus, au cas où, je n'étais pas venue les mains vides. Le premier à sortir, assez vite d'ailleurs, est S Rothery. Séance d'autographes, j'arrive à lui faire signer mon truc puis il part vers le café où j'étais au début de l'après midi. Un peu plus tard, passe I Mosley, cette fois, il n'y coupe pas et a droit lui aussi à la séance de signatures, mais on sent vraiment que ce n'est pas son truc et personne n'insiste.
Je parviens quand même à le faire signer. Je sais que cela peut paraître puéril, mais je tenais vraiment à avoir les 5.

Peu après arrivent ensembles Mark et Pete les mains chargées de valises. Ils nous disent qu'ils vont aller poser leur barda dans le bus, qui s'est garé un peu en contre bas de l'entrée, et qu'ils reviennent... et ils le font !
Là, c'est différent, ils sont tous les deux très dispos, je discute avec Mark un instant, prend des photos, pas pour moi, j'en ai pas, mais pour une des filles que j'ai rencontré plus tôt. Idem avec Pete (il est pas grand dis-moi, certainement pas plus grand que moi, j'avais jamais remarqué ça, mais là de près on s'est causé les yeux dans les yeux, [il a de beaux yeux bleus, comme H d'ailleurs] donc bon.... alors qu'avec Mark, il faut lever la tête). J'ai eu mes deux signatures, manque celle de "la star"...
Pete et Mark restent un moment à discuter avec les uns et les autres et finalement s'en vont.

Enfin, après s'être fait quand même désiré un peu, arrive l'ami H. On est environ une petite vingtaine à être restés. On a du le garder coincé sur les marches de l'E.M, au milieu de la valse des flight-cases, au moins une bonne demi-heure, peut être plus.
Et là, chapeau bas. Il a eu droit à tout, il a même accepté, bien qu'un peu surpris quand même, sur la demande de 2 types de parler au téléphone à leur copine...Là j'ai halluciné de le voir jouer le jeu à ce point ! Et il ne s'est jamais départi de sa bonne humeur, de son sourire. Il a signé des autographes à tour de bras sur des tickets de concert, sur l'album "Marbles"...

A un moment est arrivée une nana qui a commencé à lui expliquer que le 14 était son anniversaire, elle lui a tendu un papier sur lequel il a écrit "happy birthday" et autre chose que je n'ai pas bien vu. Il est gaucher, moi j'étais juste à sa droite et avec sa main, il couvrait un peu ce qu'il écrivait.
Puis il a fait la bise à la fille qui comme tu t'en doutes, était aux anges. Elle allait partir quand il l'a rattrapée par la main et l'a embrassée -de sa propre initiative- sur les lèvres, fort chastement quand même ! Je ne vous dis pas la couleur de la fille et comme elle s'est fait gentiment chambrée par tous...

Quand je disais qu'il était d'humeur mutine notre ami. Moi, j'attendais que la foule s'éclaircisse un peu, je lui ai finalement tendu la photo que j'avais apportée et du coup, au lieu d'une simple signature, j'ai eu droit à une petite dédicace et lui ai demandé si il acceptait de faire une photo. Elle a été prise avec un appareil numérique par la fille qui les a vu 4 fois et avec comme condition que moi je demande à H, parce qu'elle n'osait pas le faire, s'il acceptait de faire une photo avec elle. Il a bien sûr accepté. On a échangé quelques mots, parlé de Montpellier entre autre... Visiblement ça reste un grand moment pour lui.

Puis un type est arrivé, un gars de Marseille, qui lui a demandé si il acceptait de faire une photo de groupe des gens venus du sud de la France. Bien évidemment, H a dit OK avec un grand sourire. Je SUIS du Sud, donc je décide de m'incruster. On s'installe autour, d'autres s'assoient sur les marches. La photo est prise...
Les gens commencent à bouger pour le libérer, quand il demande, lui, qu'on en prenne une deuxième pour être sûr qu'il y en ait une de bonne. Comme tu peux l'imaginer, on ne discute pas, tout le monde se réinstalle, re-photo et là il dit : "celle-là elle sera bonne". Je peux vous dire qu'elles sont nickels toutes les deux, c'était des numériques.

Puis gentiment, toujours, il demande s'il peut partir. Encore quelques poignées de mains à droite, à gauche, ah si, j'oubliais, 2 retardataires me demandent si je peux les photographier, moi, je dis OK, par contre les mecs vont être un peu surpris parce que H a fait une horrible grimace au moment où j'ai appuyé sur le déclencheur !

Il file rejoindre Steve R au café. Vraiment j'ai été très impressionnée par une telle disponibilité et une telle gentillesse. Et on sent bien que ce n'est pas du flanc. Le mec est sincère dans la démarche.

D'ailleurs, à un moment il s'est passé quelque chose entre lui et une fille dont j'ai fait la connaissance dans la salle. Pour elle, ce concert était particulier, car c'est son compagnon de l'époque qui lui a fait connaître Marillion, c'était un grand fan. Ils ont vécu 6 ans ensembls et ce gars est décédé il y a 2 ans. Depuis, elle a comme on dit refait sa vie. Mais si elle est venue voir le groupe (elle arrivait des environs de Metz), c'était certes pour se faire plaisir mais surtout pour lui, le disparu, elle m'a expliqué qu'elle espérait qu'il serait "là" quelque part et qu'elle lui "offrait" en quelque sorte ce concert. Attention, ce n'est pas du tout une illuminée.

Par contre, c'est vrai qu'après le concert elle était particulièrement émue. Quand elle a fait signer "Marbles" à H, elle ne lui a pourtant rien dit de cette histoire, mais spontanément, il l'a prise dans ses bras, comme pour la réconforter et l'a embrassée dans les cheveux à plusieurs reprises. Comme ça, un gros câlin, gratos. Elle, elle était à 2 doigts des larmes. J'étais juste à côté et j'ai trouvé ça très touchant. Un grand bonhomme ce H. Je suis d'ailleurs restée avec elle un moment quand tout le monde a été parti.

Je pense que le concert et tout ce qui s'est passé après a été au delà de ses espérances et elle était un peu à côté de la plaque. Du coin de l'oeil je pouvais voir H dans le café avec des gens qu'on avait vu sortir de l'E.M et qui avaient tous une grosse étiquette verte collée sur leurs vêtements.
Steve R lui était au fond avec un autre groupe. Je n'ai pas vu les 3 autres mais cela ne veut pas dire qu'ils n'étaient pas dans le café, je ne voyais pas toute la salle.

Inutile de vous dire que le retour à l'hôtel s'est fait sans même que je m'en aperçoive, et j'ai mis un temps fou à m'endormir...

J'étais un peu déchirée le matin, mais la tête toujours dans les étoiles. J'ai passé le mercredi dans un état second à tel point que je suis remontée, à pied, du Louvres jusqu'à l'Arc de Triomphe sans vraiment m'en rendre compte. Je suis rentrée de Paris hier soir, ce matin j'ai trouvé un colis qui m'attendait en provenance du Racket Club, 3cd "Unplugged at the Walls", "Holidays in Eden" qui me manquait et le cd de Hogarth période pré-Marillion : "How we Live" : "Dry Land" de 1987 Il tourne en boucle depuis ce matin. Il est terrible ce disque.

On devine déjà très bien le Hogarth d'aujourd'hui derrière ces chansons vieilles pour certaines de presque 20 ans, même sur celles qui sont le plus "pop" dans la mélodie. La qualité des paroles, elle, est déjà là.

Qu'est ce que la Marillionophilie ?? Ce n'est pas une maladie dite "honteuse" mais une "maladie" qui ne se soigne pas, on peut juste améliorer la vie de la personne atteinte en lui perfusant plusieurs fois par jour du Marillion (seul médicament efficace connu à ce jour) par voix aérienne dans les oreilles.

Le traitement peut, à la longue, être pénible pour l'entourage et les voisins mais c'est le seul moyen. Il est à noter aussi, si l'on met le malade avec une personne particulièrement réceptive, qu'un certain degré de contagion soit à craindre. Cependant, ne pas isoler les malades pour autant mais tenter de les réunir dans des lieux appropriés à leur cas appelés :concerts, forums, ou conventions. Ils sont généralement très heureux ensemble.

Lothian (une "Marillionophile" définitivement INCURABLE !!!!)


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